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Vendre ses illustrations : Fixer ses prix

Publié le 09 Oct 2019 | Par kness | Indispensable, Nouvelles

Bonjour ! Suite à ce petit article sur les fan-art, j’ai demandé votre avis et c’est le sujet Vendre ses illustrations qui a gagné le gros lot, la timbale, l’article au complet. Alors c’est parti, comment qu’on fait quand on sait un peu dessiner mais pas du tout vendre, mais qu’on veut quand même des sous ?

D’abord, on lit. J’ai déjà fait un article sur combien vendre ses dessins sur mon site, mais j’en remet une couche ici.

vendre ses illustrations
La négociation pour les créatifs

1 – Vendre ses illustrations et obtenir un statut

Avant de vendre vos créations, il vous faudra un statut. Si, dans le cas du salariat, vous relevez de la sécurité sociale et de l’assurance chômage du régime général, en tant qu’auteur vous relevez d’autres organismes.

Vous n’aurez pas d’assurance chômage, et l’assurance maladie va devenir très compliqués, soyez-en conscient-e. En 2019, la fusion entre les deux organismes de collecte des cotisations a été approuvée, aujourd’hui on a donc la MDA et les Agessa qui ne font plus qu’un. C’est auprès de cet organisme que vous trouverez de précieuses informations sur le début d’activité, entre autres. Je vous conseille également le bouquin Graphiste Freelance qui est un bon guide sur le sujet.

À savoir, il existe une tolérance entre le début d’activité et la déclaration, mais ne traînez pas, vous n’avez pas envie de recevoir des rappels désagréables de l’administration, des impôts ou autre. De plus, une bonne habitude à prendre est de régler chaque demande administrative dans les temps. Soit en les évacuant au fur et à mesure, soit en allouant une période dans la semaine pour faire tout. Par exemple, un jour donné, selon votre rythme personnel, prenez une heure ou deux pour expédier la paperasse : inscriptions, relevés, formulaires, facturation. Pour moi, c’est le jeudi en début d’après-midi.

2 – Vendre ses illustrations et fixer ses prix

Combien allez vous vendre le fruit de votre labeur ? Allez-vous déclencher l’ire de vos petits camarades avec des fan-arts à 10 euros ? Non, car vous allez tout lire jusqu’au bout !

Plus de la moitié des auteurs de bande-dessinées vivent avec un revenu inférieur au SMIC actuellement en France et parallèlement, les éditeurs vivent leur meilleure vie avec une augmentation de 2.5% des ventes de bd en 2018.

Source : Gfk pour les éditeurs, le SNAC pour les auteurs.
vendre illustration facturation
Guide de la facturation pour les pros

Rationnaliser les coûts et vendre ses dessins au juste prix

Tout d’abord, si vous sortez des études ou que vous habitez chez vos parents, il vous manque peut-être quelques petits repères.

  • Le SMIC en 2019 est de 10,19 euros brut par heure,
  • Le seuil de pauvreté est fixé à 855 euros par mois,
  • Une femme de ménage à Paris gagne environ 10 euros net de l’heure,
  • Un graphiste junior en CDI gagne environ 13 euros bruts de l’heure.

Voilà pour poser une base. Admettons donc que vous souhaitez gagner le SMIC, c’est un exemple, soit 1171.34 euros net chaque mois.

Pour arriver à ce montant, il faudrait que vous facturiez environ :

  • 1700 euros environ
    • – 292 euros de retenues pour l’URSSAF
    • – 268 euros de cotisation AGESSA
  • = 1140 euros de chiffre d’affaires

Sur ce montant, en théorie, il n’y a pas d’impôts sur le revenu. Mais dès que vous dépasserez un certain revenu, il faudra ensuite les prendre en compte.

Pour atteindre les 1700 euros mensuels nécessaires pour gagner le SMIC en net, vous devrez facturer bien plus que si vous étiez un salarié payé à l’heure, 35 heures par semaine, 52 semaines par an congés payés compris.

En effet, pour vous, pas de congés et aucune garantie de temps de travail. On va donc devoir évaluer un taux horaire qui permette d’atteindre le plus rapidement possible les 1700 euros dont vous avez besoin chaque mois.

Tarif minimum

Sans repasser par des calculs savants, le taux journalier recommandé pour les débutants en général est de 250 à 300 euros par jour (ou 35 / 42 euros par heure) . Cela signifie que vous devrez travailler environ 6 jours pleins par mois dans un premier temps pour gagner l’équivalent du SMIC. Cela peut sembler peu en termes de jours mais ce temps de travail comprend le temps que vous vendez en termes de dessin, mais aussi le temps de :

  • Prospection et promotion
  • Négociation
  • Démarches administratives
  • autres (salons, réunions, etc.)

Ces taches supplémentaires qui ne sont pas toujours exclusivements liées à un contrat spécifique sont toujours du travail et doivent donc être ventilées sur l’ensemble de vos missions. Il est difficile pour un débutant d’évaluer ce temps, mais avec l’expérience vous ajusterez votre tarif pour arriver à l’équilibre qui vous convient.

Temps de travail

Selon votre style, les techniques et votre rapidité – et les aléas clients (briefs plus ou moins précis, nombre d’intervenants et de décideurs, réunions etc.) – vous passerez plus ou moins de temps par dessin. Certains vont pouvoir gérer une page en une demi-journée, d’autres prendront une semaine par format A4. Cela signifie qu’entre deux artistes, le prix par élément (une page d’illustration couleur par exemple) va varier, et parfois beaucoup.

N’hésitez pas à facturer les réunions créatives auxquelles on vous demande de participer.

Être le moins cher ne vous rapportera pas plus d’argent. En effet, vous aurez peut-être plus de clients (et on pourra discuter de la « qualité du client » par la suite), mais vous aurez aussi un taux horaire plus bas et donc au final vous travaillerez beaucoup plus pour arriver au même revenu mensuel qu’un illustrateur au juste prix.

Si le client a un budget trop serré par rapport a votre devis, tentez de revoir ses attentes à la baisse. Ainsi, vous trouverez peut-être des moyens de faire les choses plus rapidement donc moins cher .

Par conséquent, vous n’allez ni chercher à plaire à tout le monde, ni chercher à être le moins cher sur la place. Ce que vous allez chercher c’est votre client cible. Celui qui aura :

  • Besoin de vous
  • Le budget qui correspond à votre taux horaire
  • Si possible un besoin récurrent ou régulier
  • Une bonne entente interpersonnelle avec vous est un gros +

Il vaut mille fois mieux avoir 3 clients bien ciblés que 30 clients à côté de la plaque.

Retouches

En ce qui concerne les éventuelles retouches, vous devrez les faire apparaître dans votre temps de travail, sur vos devis, sur vos factures et sur vos contrats. Les retouches doivent être limitées dans le temps et le nombre. Vous ferez toujours figurer le nombre de retouches tolérées au contrat et un forfait pour des retouches supplémentaires – ou la mention d’un nouveau devis si budget retouches dépassé.

Avertissez votre client au fur et à mesure que vous approchez du seuil des retouches maximales, ce sera plus facile de rallonger le budget, par opposition à un arrêt net en bout de course.

Les retouches ne sont en aucun cas obligatoires. Si jamais elles ont lieu, elles ne relèvent pas de votre seule responsabilité. Bien sûr il arrive que l’on ai mal compris, mal anticipé un brief client, mais le plus souvent c’est une mauvaise consigne et/ou un changement d’avis qui est en cause. C’est ce que l’on reflète en autorisant ou en incluant un nombre défini de retouches sur un travail donné. Ces retouches peuvent être mesurées en temps de travail ou en sessions. On parle souvent de 2 allers-retours autorisés. C’est un garde fou essentiel car l’expérience des retouches infinies est un réel calvaire.

3 – Droits cédés, notoriété et variables de diffusion.

Quel que soit votre prix plancher à la journée (pitié ne descendez pas en dessous de 250/jour) votre tarif va augmenter en fonctions de plusieurs facteurs. Un dessin destiné à des particuliers n’a pas la même valeur qu’une affiche pour une grande marque de soda, par exemple. À temps de travail égal, vous avez le droit (et le devoir) de demander plus d’argent pour une diffusion mondiale, sur plusieurs supports de communication.

Pour les plus gros contrats il est souhaitable de réfléchir et de consulter ses pairs, voir de faire appel à un agent afin de connaître en amont les tarifs pratiqués.

Au début, lisez bien la demande. Précisez tous les droits d’exploitation :

  • Support (affiche, livre, numérique…)
  • Durée de la cession (x mois / années…)
  • Étendue géographique de la cession (France, Europe, Monde…)

Et au-delà de ces précisions contractuelles, quels sont les moyens pour rendre compte de l’exploitation, quelles sont les contreparties si on souhaite étendre cette cession… ce sont des questions importantes. En général, les éditeurs ont des contrats tout prêts : ceux-ci ne sont pas gravés dans le marbre, ils se négocient.

Vous pouvez négocier vos contrats, tant au niveau du prix que des variables de cession de vos droits.

Maintenant que vous savez tout ça, il vous reste à trouver des contrats, vendre vos images sur internet (guide du site internet de l’illustrateur), et facturer puis vous faire payer.

Envoyez-moi vos questions sur twitter ! J’y répondrai et je modifierai l’article si besoin !

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À propos de l'auteur

Créatrice de la communauté CFSL en 2001, j'anime et créée le contenu pour le site et les réseaux sociaux régulièrement afin d'aider les auteurs et illustrateurs. Je sélectionne les auteurs mis en avant et créée les tutoriaux ainsi que les critiques de livres.

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