3615 Ma vie

tous les sujets inutiles, inclassables, etc.

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar fmf » 29 Oct 2013, 11:42

ça faisait longtemps, mais c'est toujours aussi sympa d'avoir de tes nouvelles comme ça. :)
et ta location, tu as trouvé preneur ? ça ne va pas te faire des rentrées ?
"L'Ecossais ne se bat pas jusqu'à ce qu'il voit son propre sang."
topic : croquis & nus
Avatar de l’utilisateur
fmf
Torréfacteur
 
Message(s) : 4780
Inscription : 29-12-2004
Localisation : Arras
a noté: 20 fois
a été noté: 4 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar ash » 29 Oct 2013, 23:48

ralala le cap des trois ans... c'est pour ça que pas mal de boite ferme, la majeure partie oublie simplement le-dit RSI et hop bim! et ça ferme! :( Si t'arrive à passer le cap ça va le faire :D.
Bon courage
ash
Torréfacteur
 
Message(s) : 3569
Inscription : 07-12-2005
Localisation : Back in bretagne!!!
a noté: 9 fois
a été noté: 10 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 30 Oct 2013, 02:00

Pour la location, c'est bon. J'ai une locataire et je croise les doigts pour qu'elle reste assez longtemps. Le loyer me paie le remboursement d'achat de la maison et une partie de l'emprunt effectué pour les travaux (exactement 50€). J'ai du coup juste dans les 330€ à rembourser par mois pour les travaux. Mais cela me retire une sacrée épine du pied.

La troisième année est LE cap à passer. Pour l'instant, j'ai tendance à regarder à coute échéance mais je ne pense pas qu'il y aie de raison à ce que je me casse la figure. Globalement, je ne suis pas dans le rouge au niveau du bilan. Je ne vais pas dire que mon chiffre moyen augmente mais plutôt qu'il est assez stable. Ce qui n'est pas si mal par les temps qui courent.

Ce soir, un type est passé. Il est venu pas pour me prendre une pizza mais pour me donner un prospectus sur une boisson énergisante qu'il distribue et qu'il essaie de caser naturellement. Il m'avait mis une pub dans la boîte aux lettres et là, me l'a donné avec un sourire. Il tient une salle de gym dans Périgueux où je m'étais inscrit avant d'ouvrir la pizz. Il distribue des produits aussi pour améliorer les performances musculaires. En deux ans d'activité, il était venu une fois, au début, me prendre des pizzas. Et me laisser un catalogue de produits qu'il distribuait. Ce soir, il ne m'a rien pris. Il est juste passé. Les personnes qui passent aussi souvent que la comète de Halley, soit tous les 77 ans, même si je les connais, je dois avouer que je m'en fous complètement. Surtout quand il veulent me caser une boisson énergisante que personne ne connaît. Et puis ce n'est pas ce qui correspond à ma clientèle. Je n'ai pas beaucoup de jeunes (ou alors avec leurs parents). Et je n'ai pas la licence pour vendre des alcools forts (genre vodka) permettant de faire des cocktails avec la boisson énergisante. Donc Basta.

Plus tard, un autre client. C'est un gars d'une vingtaine d'années. Je lui parle de tout ce qu'on me soumet comme sollicitations. Commerciaux, centre d'appels, etc ... Je lui détaille un peu tout. Aprés, j'apprends que le gars fait du motocross, qu'il vient de monter une asso avec deux autres gars du coin, qu'il font ça au niveau national (il a fini septième des derniers championnats de France) et qu'ils vont chercher des sponsors. Il leur faudrait 25.000 pour monter une team. Là, je lui dis ce que je pense: Pour trouver des sponsors, il faut qu'il demande petit. S'il demande du 200 € à un commerce, il va se taper des refus dans la tête. S'il demande 20 € et en échange, propose juste de mettre le nom du commerce sur son site, il fera mouche quasiment à tous les coups. Aujourd'hui, c'est dur pour un commerce mais faire un don de 20 €, c'est rien. Et à la fin d'une journée de démarchage, mieux vaut avoir 100€ que rien du tout. Avec 20 €, il touchera tous les petits commerces qui d'habitude ne donnent rien. Pour les plus gros, il demande un peu plus (genre 50€) mais reste bien en dessous de ce que demande la plupart des gros clubs sportifs de la région. Je lui dis clairement qu'ils n'auront jamais les 25.000 € mais qu'ils peuvent s'en rapprocher. Je lui conseille aussi de verrouiller son asso au niveau des statuts, de faire en sorte que tous les adhérents ne puissent voter pour élire le CA et qu'ils en gardent tout le temps le contrôle. Et pour finir, je lui suggère de faire appel à la presse. Pas pour rien mais avec une info. Dans son sport, cela ne doit pas être super dur de se qualifier pour la Coupe du Monde. Si les trois pilotes peuvent se qualifier, appel à la presse locale. "3 périgourdins aux championnats du monde de motocross". Avec cette info, c'est la première page assurée sur le journal local et un bon encart dans le régional (en section locale). Le type qui le sponsorise voit ça. Dans sa tête, il aura fait une bonne affaire et redonnera l'année suivante. Il en parlera. Le site aura du passage. Si ils veulent organiser un truc genre tombola pour lever des fonds, ils auront plus de chance d'avoir du monde car on en parlera. Parfois, une petite com peut rapporter beaucoup plus qu'une grosse chère. Surtout au niveau d'un sport peu médiatique et connu.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 07 Nov 2013, 01:52

Petite chronique rapide sur une chose qui me semble être un phénomène de société: La cigarette électronique.

Dans ma boutique, il n'est pas rare que j'ai des fumeurs, des gars qui vont dehors griller la clope en attendant que les pizzas soient cuites. Or depuis quelques temps, je note l'apparition de petits tubes ressemblant à des stylos portés par bon nombre de clients: La cigarette électronique. Pour nombre de citadins des grandes métropoles, ceci n'a rien de nouveau. Pour les habitants de petites villes de province comme Périgueux, il en va autrement. Mais à quoi est due cette "révolution" ? Sûrement à l'ouverture de deux boutiques de cigarettes électroniques à Périgueux.

Ce genre de cigarette est quelque chose de marquant dans notre société. D'abord car cela modifie la façon de fumer. Une cliente me disait qu'avant quand elle emmenait ses enfants à l'école, ses derniers n'étaient pas trés enthousiastes quand elle s'en fumait une dans la voiture. Depuis qu'elle est passée à l'électronique, ils ont plus le sourire. Bon, je sais, cette remarque fait trés pub à deux balles mais il faut reconnaître aussi que les vêtements ne puent plus (selon ses dires). Je le conçois, cet argument fait aussi pub pour lessives.

Le deuxième fait marquant tient à la consommation. Globalement, les clients avec qui j'en parle dépendent moins et surtout, ont tendance à fumer moins. Une cliente m'a même dit qu'elle avait stoppé la cigarette en une dizaine de mois grâce à la cigarette électronique. Cela satisfaisait son patron aussi car avant quand, elle bloquait sur quelque chose, elle allait en allumer une pour se détendre. Depuis, elle serait moins stressée. Et pour deux barils achetés, le troisième est offert.

La cigarette va t-elle mourir pour autant ? Peut-être pas si j'en crois ce charmant employé de Métro, parti en pause clope: "J'ai essayé mais ça a vraiment un goût de chiottes. C'est loin de valoir une bonne clope."

Quoi qu'il en soit, une question me taraude: Si le nombre de fumeurs tend à diminuer, si les paquets de cigarettes se vendent moins bien, l'Etat va rentrer nettement moins de sous. Donc, comment combler ce manque à gagner ? Le premier qui dit en augmentant le prix des cartouches électroniques gagne le jouet caché au fond du paquet de lessive.

Il y a aussi l'option "en augmentant la TVA et donc le prix des pizzas", mais je ne suis pas trop en faveur de cette argument qui pour moi, "ne lave pas plus blanc que blanc".

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 11 Nov 2013, 00:54

Aujourd'hui, je vais parler des emmerdeurs. Attention, je ne parle pas des clients qui rajoutent ceci ou cela, qui veulent échanger tel ingrédient contre celui-là, qui vous font changer la base de la pizza ou qui ne désirent pas trop de ça mais par contre, un peu plus de ceci.

Au firmament de l'emmerdement, il y a le client bourré agressif dont j'ai déjà parlé précédemment. Ensuite, il y a le négociateur. Il en existe deux sortes: le négociateur sur le prix et celui qui veut une pizza gratuite. Le premier a tendance à mettre en avant la concurrence et ses prix, notamment les pizzas discount. "Vous voyez, là-bas, les pizzas sont à cinq ou six euros. Chez vous, elles sont un peu chères par rapport à lui. Vous ne voudriez pas me faire un rabais ?". Bon, je reconnais que cet exemple est un peu direct car trés souvent l'économe tourne un peu autour du pot avant d'arriver à la négociation. L'autre type joue sur la quantité. Il met souvent en avant les deux pizzas achetées, une offerte et demande innocemment si on ne peut pas lui appliquer cette promotion. D'autant plus qu'il a plein de potes qui comme lui, mangent beaucoup de pizzas alors ... Pour l'un comme l'autre, la réponse est la même: Non.

Il y a les emmerdeurs qui évoluent. J'ai un client de cet acabit. La première fois qu'il est venu, il m'a tutoyé d'entrée. Personnellement, j'ai un peu de mal avec les inconnus qui te tutoient dés la première rencontre ou qui t'appellent façon famille (genre "Cousin"). Il venait de Paris et arrivé en province, se trouvait en pays conquis. Il ne bossait pas, avait plein d'idées qui allaient réussir. Il prend une pizza chorizo pas hallal. Le lendemain, il en commande plusieurs dont une chorizo. Je lui fait ses pizzas. Il me rappelle en plein coup de bourre et me tient la jambe. "C'est quoi cette pizza ! Je croyais que tu faisais des pizzas hallal. J'ai des copains musulmans qui sont là, c'est un scandale." Et d'exiger que je lui refasse sa pizza. Il m'a tellement gonflé que je lui ai refait sa pizza. Il passe la prendre et naturellement, ne me ramène pas la mauvaise. Six mois plus tard, il revient. Il a monté sa boîte et les trucs qui devaient marché, ne carburent pas aussi bien que prévu. Il s'en sort mais c'est dur. Du coup, son attitude a changé. Il vouvoie poliment. Il désire toujours la même pizza. "Hallal ?" je lui demande. "Non, normale". Plusieurs fois ensuite, il revient toujours tranquille. Et maintenant, c'est un client que j'apprécie. Il ne tente pas d'avoir quelque chose et montre du respect.

Parmi les enquiquineurs, se trouvent les faux emmerdeurs. Il s'agit là de clients qui au premier abord, vous font soupirer mais qui par la suite, s'avèrent extrêmement sympathiques. Ainsi, j'ai un client qui au début, voulait une pizza napolitaine (avec des anchois). Pendant que je lui fais, il s'étonne que je ne mette pas de câpres. Il a toujours mangé des pizzas aux anchois avec des câpres. D'ailleurs, c'est comme ça qu'il font en Italie. Et il y est allé plusieurs fois. Et il connaît. Et voilà qu'il expose son avis de connaisseur es pizza aux câpres durant tout le temps de la cuisson. Bref que du bonheur. Suite à cette leçon sur les bienfaits du mariage anchois- câpres, j'achète une boîte de câpres que je garde dans un coin de mon frigo. Il revient, je lui fait sa pizza comme il le souhaite et là, tout le laïus câpresque est oublié et nous sympathisons. Depuis, c'est un client que j'ai grand plaisir à voir et l'option "câpres" a fait son apparition sur ma carte au niveau de la pizza aux anchois.

Pour finir, le pizzaïolo est un emmerdeur. En effet, j'aime bien titiller certains de mes clients de temps en temps. Une de mes clientes est infirmière en semaine et chanteuse le week-end. Elle chante de façon professionnelle dans des concerts et a même organisé un petit festival l'été dernier. Je lui ai demandé de chanté plusieurs fois et à chaque fois, elle a refusé. Un jour, elle vient avec un ami. Ils ont un peu bu et son ami m'affirme qu'elle est prête à chanter n'importe quoi et que je n'ai qu'à lui demander. Et là, quel est mon choix ? Du Patrick Sébastien. Le genre de chanson extraordinaire rythmant les mariages populaires. En deux mots, le genre d'air à dix mille lieux de son répertoire à tendance jazzy. Du coup, elle commence à "tourner les serviettes" avant d' éclater de rire. Moralité: méfiez vous des pizzaïolos. Ils sont tordus et ont toujours un truc en stock pour vous ennuyer ou vous faire tourner en bourrique.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 17 Nov 2013, 00:24

Une petite anecdote sur ce soir.

J'ai déjà parlé précédemment du gars qui voulait me caser ses boissons énergétiques. Ce soir, en plein moment creux, le gars se radine, le sourire au lèvres et avec un pack de ses boissons énergétiques (dans les 36 cannettes minimum à vue d’œil). Il vient parce que l'autre jour, comme il y avait du monde, il n'avait pas eu le temps de bien me parler. En bref, comme je le connaissais pour avoir fréquenté sa salle de muscu à une époque, il vient me faire le forçing pour me laisser son pack de cannettes (et me faire raquer au passage). Du marketing "T'es mon pote- tu me les prends" sinon t'es plus mon pote. Il vient à peine d'arriver et, goguenard, a l’œil quasi-certain du gars qui repartira allégé du poids des cannettes, que je lui fais une mine triste. "Désolé, je ne peux pas prendre tes cannettes à cause du distributeur Coca devant le magasin." Et pour montrer ma bonne foi, je lui montre mon frigo à boisson qui ne contient aucune cannette et dont les seules boissons individuelles sont des bières en bouteille. Cinq secondes plus tard, il était parti l'air contrit. Sans m'avoir pris la moindre pizza naturellement.

J'ai sorti un gros mensonge des familles car le commercial de Coca m'avait conseillé de vendre des cannettes dans mon frigo, chose complémentaire du distributeur selon ses dires. Je ne l'ai pas fait car jusqu'à l'arrivée de la machine, je vendais peu de cannettes et surtout, je n'avais pas envie de m'enquiquiner la vie à en stocker (car les cannettes, c'est comme les glaces souvent, il faut les acheter en grosses quantités). Je ne suis pas un gros fan du distributeur. J'ai encore des gens qui viennent me voir parce que la machine ne marche pas et à qui je réponds que ce n'est pas moi qui la gère mais Coca Cola, appelez les au numéro écrit sur un sticker en haut de la machine. Je ne touche que 18% de la vente de ses boissons. Je paie l'électricité avec laquelle la machine tourne en plus. Elle ne m'a rapporté que 32 € le trimestre dernier (en étant en panne pendant plus d'un mois). J'en ai franchement ma claque de devoir signaler qu'elle est en panne (chose dont je me fous complétement maintenant). Mais ce distributeur m'a permis de me débarrasser en un temps record d'un péte- bonbon. Juste pour ça, merci Coca.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 25 Nov 2013, 23:27

Il y a cinq jours, un petite jeune se pointe à la pizz. Il recherche un stage. Je n'ai jamais pris de stagiaire et je lui dis Ok pour voir. Je lui mets des horaires, signe sa convention. Il doit commencer à venir après les vacances de Noël. Bref, j'ai du temps pour moi.

Cet aprés- midi, un coup de fil de son lycée. Alors voilà, il y a un probléme, est-ce que vous pouvez prendre le jeune plus tôt en stage. Ca ne me gêne pas mais quand ? Demain ? Je négocie à Mercredi. Le petit jeune va passer pour me faire signer une nouvelle convention. Je suggère qu'il passe demain. Il passe ce soir. Entre trois pizz, je lui mets de nouveaux horaires, me réengage et tout ça. Il m'explique ce qu'il s'est passé: Il s'est barré de sa classe et en a intégré une autre en express. sauf que pour cette autre classe, les stages sont plus tôt. D'où le coup de fil du lycée. Du coup, j'ouvre Mercredi à 14 heures et Jeudi idem. Tout ça pour commencer à le former. Je lui donne un menu et lui dit de commencer à apprendre les compositions des pizzas. Il me dit qu'il a du mal pour apprendre. Je lui réponds qu'il n'a qu'à les apprendre progressivement par cinq par exemple. Et je lui demande ce qu'il mange comme pizza: Reine et Margarita. Tiens, elles se trouvent dans les cinq premières. Du coup, il n'a plus que trois pizzas à apprendre pour le début.

La conséquence de tout cela est que ce soir, branle bas de combat et ménage de printemps. Demain, rebelote. Et en plus, il faut que je lui prépare ses cours. Je ne suis pas sorti de l'auberge. Ou plutôt de la pizzeria pour être plus correct.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 10 Déc 2013, 03:03

Donc, j'ai un stagiaire. Depuis une dizaine de jours.

Sur les deux premiers jours, je l'ai pris plus tôt. Je lui ai fait faire la pâte (à la main dans la bassine puis au pétrin) et l'ai fait bouler (faire les pâtons à pizza) le premier jour et le second, je lui ai appris à étaler et mettre les pizzas dans le four.

Par la suite, je l'ai fait nettoyer (un classique chiant des cuisines commençant par les frigos et continuant avec les murs). Pendant toute la semaine, j'ai commencé à lui mettre la pression, l'avertissant que Vendredi (le gros soir), il serait seul aux pizzas. Pour le préparer, je lui laissais les pizzas à faire les jours avant Vendredi toujours en le pressant (genre tu as vingt minutes pour faire les 3 pizzas). Et à chaque fois, il était lent. Il n'accélérait pas. Au bout d'une semaine, il ne connaissait pas la carte de pizzas alors que je lui avais dit dés le début de l'apprendre cinq pizzas par cinq pizzas. Mais le jeudi, il me demandait ce qu'il y avait dans une reine (jambon, champignon). Une des premières pizzas de la liste. La pizza qu'il mangeait tout le temps.

Puis vient le Vendredi. Et là, personne. Pas un mot, pas un appel. Le silence absolu. Et naturellement, c'est un gros soir. Le Samedi, il vient en début de service. Il tient sur ses deux jambes et toussote un peu. Il me dit qu'il est malade. Sympa, je lui conseille de se reposer et de revenir Lundi comme il ne peut travailler le Dimanche du fait de sa convention. Je lui suggère d'appeler durant le service si il ne peut pas venir. Et ce Lundi, rien. A nouveau, je me retrouve seul sans aucune justification.

Du coup, je vais appeler son bahut pour leur signifier la fin du stage. Le gamin est en seconde. Je l'ai théoriquement jusqu'à la fin de la semaine. Il m'est sympathique (il fait du jeu de rôle façon bourrin), se la joue aussi (genre j'ai une copine canon de dix huit ans avec ma gueule de rat ET je suis un super bon joueur sur Minecraft et de plein d'autres jeux au niveau national) et ne rechignait pas globalement à la tâche côté travail. Seulement, il est absent depuis trois jours et habite dans la rue juste derrière la pizzeria à cinquante mètres. Il m'a dit que le fait que le bahut aie avancer son stage (suite à son changement de classe) l' emmerdait car il avait d'autres rendez vous de prévus dans la semaine (des trucs de gamer tu vois). Oui, mais ses trucs de "jeux vidéos", je lui ai toujours dit que je m'en foutais. Quels que soient nos loisirs, ils passent après le boulot. Le monde du travail n'est pas un monde de bisounours où on peut faire ce qu'on veut. Si on ne s'y adapte pas rapidement, c'est fini. Le gamin m'aurait appelé ce soir ou serait venu s'excuser, ok pas de probléme.

Si je me lève de bonne humeur, j'attendrai peut-être 24 heures pour voir mais quoiqu'il arrive je rapproterai son absence d'aujourd'hui.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar ash-luke » 10 Déc 2013, 13:32

Dans la convention que tu as signée il doit y avoir la procédure à tenir en cas de divers problèmes...
Là t'es un peu hors clous, puisque tu n'as pas prévenu son référent dès la première absence. et si tu réagis pas au premier petit truc en suivant le code, ben le gamin il sait qu'il peut tenter de nager entre les lignes... [ninja]
(le référent c'est un prof qui suit cet élève dans ses stages, il passe te voir normalement... enfin ça dépend des établissements! Mais s'il y en a un c'est lui ton interlocuteur. le bahut et son secrétariat ils s'en moquent éperdument de tes doléances...)
Mais bon en seconde, s'il est travailleur c'est déjà pas mal tu sais!
:D
Avatar de l’utilisateur
ash-luke
Tasse à café
 
Message(s) : 246
Inscription : 11-06-2007
a noté: 0 fois
a été noté: 0 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 11 Déc 2013, 00:47

Donc, cet aprés midi, j'ai téléphoné au lycée de mon stagiaire. Je leur ai signalé ses absences ainsi que mon intention d'arrêter le stage. Quand je suis arrivé à la pizzeria, il m'attendait devant. Il n'était au courant de rien mais la veille, n'avait pas pu venir car il était malade au point de ne pas pouvoir se lever, tu vois ? Je l'ai écouté puis lui ai annoncé que j'avais décidé d'arrêter le stage. Là dessus, arrive sa directrice de stage et je continue mes explications sur ce qui a motivé ma décision. Il n'est pas venu la veille. Pas d'appel, personne qui vient sur place (alors qu'il habite à trente mètres du magasin). Il me dit qu'en même temps, il ne lui reste que trois jours avant la fin du stage. Mais je reste ferme. Le monde de l'entreprise, ce n'est pas comme l'école. Au lycée, on peut sécher. Les profs gueulent un peu mais ce n'est jamais grave. Sur un boulot, on manque deux jours presque de suite sans aucune justification (ne serait-ce que médicale signifiant que l'on n'est pas apte à travailler), c'est au revoir. Même avec des patrons cools qui déconnent avec lui. Je sais que le lycée va serrer encore plus la vis en ce qui le concerne mais quelque part, c'est pour son bien. Le travail passe avant les loisirs. Sa directrice comprend mes raisons et lui signifie que jeudi à 9H00, il doit être en cours. "Doit" car venant de changer de classe et ayant un stage écourté, le tout en moins d'un mois, il doit venir. Avant de partir, elle me remet un papier à remplir sur le stage.

En début de soirée, un client m'appelle. Il vient me prendre des pizzas et me régler ce qu'il me doit. 12 € exactement. Qu'il me doit depuis quatre mois. J'ai déjà évoqué ce client, arbitre de foot le week-end. Pour vous donner un exemple de sa façon d'arbitrer, c'est un type qui siffle un hors jeu alors que le joueur est trés trés loin de l'être et qui plus tard demande à un spectateur s'il y avait hors jeu car il n'est pas trés sûr des règles. Bref, un arbitre de niveau international. Il vient avec sa copine et s'excuse platement. Depuis quatre mois, ils ont eu des problèmes, sa copine ne pouvait plus marcher, ils devaient habiter chez sa soeur du coup car il fallait quelqu'un pour les surveiller etc ... Bref tous les malheurs du monde auxquels commercialement, je compatis. Et durant toutes ces difficultés, sa seule pensée était pour ces 12€ qu'il me devait mais qu'il n'avait pas le temps de venir me régler tellement il était accaparé. Je lui explique que pour moi, l'argent n'est rien au fond et que la seule chose qui m 'inquiétait était de ne pas avoir de nouvelles et que du coup, j'avais craint le pire. Je ne lui dis pas qu'un de ses potes m'avait dit qu'il allait chez un autre pizzaïolo, qu'il faisait des détours pour éviter de venir me voir, que j'avais rappelé à son pote le souvenir des 12€, que le client qui le regardait arbitrer ses matchs et son nouveau "pizzaïolo" devait aussi lui en toucher deux mots. Soit pour faire vite qu'un certain nombre de personnes autour de lui étaient au courant. Il me donne des nouvelles. Il va passer un IRM car il a mal à la tête. Je pleure presque sous le coup de l'émotion. Il me paie sa commande et sa dette obsédante de 12€ (ou plus exactement sa copine me paie tout). Nous nous quittons meilleurs amis au monde.

Pour finir, un pilier. Il arrive à 21H 30. Il ne vient pas pour une pizza mais pour prendre une bouteille et sa seconde question est "Jusqu'à quand je peux rester ?" Il s'assied sur un tabouret prés du bar et explique que l'alcool pour lui, c'est fini. Il a bu, il a eu 4 accidents, cela lui a suffi. Au fait, vous pouvez ouvrir ma bouteille ? Vous pouvez me donner un verre ? Et puis, je vous paie un coup parce que je ne suis pas vachard. Non, l'alcool, c'est fini. Avec ses accidents, il a dû racker pour des voitures qu'il avait détruit saoul. Alors vous pensez bien que même s'il marche maintenant, plus une goutte. Au fait, le rosé n'est pas trop fruité, vous ne trouvez pas ? Mais bon, c'est peut-être parce qu'il a le goût faussé après les douze bières qu'il a bu auparavant chez sa belle famille. Six pour chaque jambe, ajoute t-il avec un clin d' œil. Oui, la bière, ça dénature le vin, c'est bien connu. Son beau- père, c'était un type exemplaire, un gars qui bossait 18 heures par jour comme boulanger, la clope au bec mais sans jamais avoir mis une seule cendre dans son pain, monsieur. Un grand homme, travailleur comme lui qui est couvreur et qui dés demain, huit heures, sera sur les toits. Impeccable car il ne boit pas au boulot. D'ailleurs, l'alcool pour lui, c'est fini. Vous êtes sûr que vous ne voulez pas en reprendre ? Ah d'accord, vous conduisez après. Bon, il se ressert car lui, il est à pied. Un appel de client. Une commande. Vous n'en revoulez pas ? Si vous voulez, il peut retarder l'heure. Encore avec un clin d’œil complice. Les gens commandent tard ce soir. A part ça, les affaires marchent en ce moment ? Le client vient chercher sa pizza. Vous savez, elles sont bonnes ici. Je ne les ai pas gouté mais elles sont bonnes. Il fait froid en ce moment. C'est terrible. Avant chez lui, quand il était petit, il faisait froid aussi. Un verre de plus. Ici aussi, il fait froid, il n'aurait pas cru avec les fours à pizzas. Je lui explique qu'ils ont bien isolé et je lui suggère de partir car je vais commencer à laver mon sol. Il comprend. De toutes façons, il faut qu'il parte, sa femme l'attend. Mais il ne faut pas qu'elle voit la bouteille. Elle pourrait croire qu'il s'est remis à boire. Alors il vide la bouteille et remplit son dernier verre presque à ras bord. Il me tend la bouteille vide. Pour la poubelle. Ça en fait du vin à boire d'un coup. Il n'a plus trop l'habitude depuis qu'il a arrêter de boire. Je le pousse délicatement vers la porte en vidant mon seau par terre. Il faut qu'il y aille s'il ne veut pas que je lui mouille les chaussures. Ah oui, ce serait dommage. Il me fait la bise avant de partir. Il sort, tente trois fois de rentrer mais je lui montre à chaque fois le sol que je viens de mouiller. Puis s'en va. Enfin. Je sors mes poubelles, je le vois accroupi prés du passage pour piéton à refaire son lacet. Je termine mes sols dix minutes plus tard, je ferme mon commerce. Il est toujours accroupi à refaire son lacet. Cinq minutes aprés, il se relève finalement. Heureusement qu'il ne boit plus car autrement, combien de temps aurait-il mis pour le faire ?

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 18 Déc 2013, 23:58

Je vais d'une de mes passions: le jeu. Entendons par là, le jeu sans argent.

Je ne pense pas être une exception car les gens qui jouent aux figurines, aux jeux de société, aux jeux de rôles ou autres ne sont pas rares. En revanche, je ne sais pas s'il y en a beaucoup qui s'investissent dans des assos. Dans mon cas, sur les quatre dernières années, j'ai été trois fois président d'associations (deux différentes). Là, je le suis encore.

Chaque année, j'organise quelque chose. Au début, c'était des tournois de figurines sur un jour, docteur. Puis j'ai sombré à des tournois sur deux jours. Maintenant, je me lance dans une convention. Le cycle infernal.

Organiser une convention n'est pas chose trop difficile surtout quand, dans une ville comme Périgueux, chaque genre quasiment a son association. Pour un tournoi de warhammer, on demande à l'asso de warhammer. Pour du jeu de rôles, l'asso de jeu de rôles. Et il faut regrouper les évènements que chacun fait ici et là dans son coin. Le truc important aussi, c'est qu'il faut au départ, un lieu. J'ai le lieu: un lycée avec des dortoirs (nuit à 12 € et une centaine de lits), un réfectoire, trois salles de pause (pour les rôlistes), un gymnase et un foyer des étudiants. Côté assos, huit locales m'ont donné leur accord.

Du coup, pour l'instant, il va y avoir: un tournoi de warhammer (40 personnes max), un tournoi de Bloodbowl (entre 30 et 40 participants), douze tables max de jeux de rôles, un évènement sur du wargame historique, la ludothéque locale et une asso avec des jeux surdimensionnés, des assos d'autres villes de Dordogne qui viennent assurer des jeux (comme un loups garous de Thiercelieux). J'ai aussi un illustrateur de jeux qui va venir et j'ai demandé à un gros créateur d'être parrain de l'évènement.

Tout ça, début Octobre prochain.

C'est loin mais pas tant que cela car comme j'essaie d'avoir de la subvention, je prépare et remplis des dossiers à tire-larigot. 7 au total. Et combien d'appels pour rencontrer telle ou telle personne. Pour estimer le "coût" que représentent les tables et les chaises prêtées par une mairie. Les frais de bouche, de couchage etc ... Certains acceptent les dossiers un peu en retard. D'autres non. Et les vacances de Noel commencent Samedi, vous voyez ? Toutes mes journées actuelles sont chargées et j'embraye le soir sur la pizzeria.

Le virus de l'organisation était trés répandu chez ma grand- mère. Elle a dû me le transmettre. Putain, Mamie, sors de mon corps. Quoi que non, je suis maso.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar rodguen » 21 Déc 2013, 04:15

hehehehehe, Kim, tes déboires avec ton stagiaire m'ont fait sourire.
Entre autres, car je viens de temps en temps te lire ici.
Mais putain, comment tu peux te taper une convention de jeux en meme temps que gérer ta pizzeria??!!

r.
"ha oui mais attends, ca s'annule! Scorpion ascendant Scorpion, ca s'annule!
Par exemple, Gemeaux ascendant Gemeaux, ca fait pas quatre personnalites!!...
"
Avatar de l’utilisateur
rodguen
Pilier de comptoir
 
Message(s) : 1809
Inscription : 09-04-2003
Localisation : Cite des Anges
a noté: 0 fois
a été noté: 24 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 24 Déc 2013, 20:22

Pour la convention, je dois avouer que cela me prend quasiment tout mon temps en ce moment. La raison principale tient surtout aux dossiers de subventions à finir et à envoyer avant le 31 Décembre (en essayant de les personnaliser façon "culture" ou "projet monté par des jeunes" selon les attentes).

Après, faire une "convention" sur Périgueux n'est pas trop difficile. Le milieu du jeu y est trés fragmenté. On a d'un côté une asso qui ne fait que du jeu de société/ Bloodbowl, une qui ne fait que du warhammer, une que du jeu de rôle, une que du wargame historique etc. Il faut surtout connaître les acteurs de chaque asso et leurs aspirations. Sitôt que deux- trois assos participent au truc, d'autres s'y joignent rapidement.

Pour convaincre chaque asso, il faut avoir des arguments à la fois ludiques (le côté plein de monde à la fois), spatiaux (vous aurez tant de place pour faire votre truc (en leur faisant visiter, c'est souvent gagné)) qu' économique (ça va vous revenir à tant). A cela s'ajoute le côté "confort". Si vous dîtes à une asso qu'elle peut faire dormir à deux cents mètres de là où elle organise son tournoi, ses participants pour 12 € la nuit (en dortoir de 3), vous avez un argument qui de base, fait mouche. Le ticket moyen pour assister à l'évènement (inscription, couchage, nourriture) est plus bas que par rapport à une nuit à l' hôtel. Toujours pour le confort, ajoutez la présence d' une cuisine, de cuisiniers et donc un repas qui potentiellement, est nettement supérieur aux basiques sandwitches et c'est gagné.

La structure de base de la convention existait à la base. Sur les années précédentes, un tournoi de Bloodbowl se tenait sur le lieu choisi. J'ai organisé ce tournoi sur deux jours l'an dernier. Et j'ai noté que le potentiel du lieu n'était pas exploité. Seul le réfectoire était occupé alors qu'il y avait un gymnase, un foyer pour les étudiants et quelques salles de vides.

Pour le tournoi, une cuisinière venait s'occuper des repas. Donc, pour les repas, il suffisait juste de la contacter et de lui demander si cela ne la gênait pas d'avoir potentiellement plus de monde et à combien cela reviendrait (avec un staff cuisine augmenté). Pour la plonge, il suffit de demander, dés le départ, à chaque asso de fournir un plongeur. Vis à vis du lieu, le gestionnaire du lycée (où cela va avoir lieu) vous accueille à bras ouverts et vous aide autant que possible. Plus de monde = plus de couchages prix = plus de sous dans sa caisse. Sans compter qu'un gros évènement fait venir la presse et donc le met en avant. Concernant chaque évènement, je laisse les assos gérer la chose chacune dans leur coin.

En ce qui me concerne, je ne fais que gérer l'ensemble. Mettre au point le budget, le gonfler pour les subventions, faire les demandes, trouver de nouveaux participants etc.

Pour finir, une "convention" sur Périgueux, c'est 500 personnes maximum sur place pour la première édition (en tout sur le week-end). Ce n'est pas la Japan Expo.

De plus, tous les lieux ne seront pas ouverts au public (pour laisser une certaine tranquillité aux joueurs). La partie publique sera tout ce qui a attrait au jeu de société (secteur du jeu qui cartonne et est familial (donc propice à la subvention)). La chose est qu'il faut juste trouver qui mettre à la bonne place. Et utiliser le mot "festival" plutôt que "convention" au niveau des demandes de subventions (un truc tout con qu'on comprend en parlant avec les personnes en charge des dossiers).

Actuellement sur le projet, il y a de sûr:
- un tournoi de warhammer (sûrement 40.000) de 40 joueurs minimum.
- un maximum de 12 tables de jeux de rôles.
- un tournoi Bloodbowl de 30 personnes minimum (chiffre des autres années)
- un évènement sur le wargame historique (accord de l'asso de jeux historiques de Périgueux)
- des parties de loups garous de Thiercelieux
- la ludothéque et une asso qui vont venir avec des jeux surdimensionnés (genre passe trappe, billard japonais etc.).
- Des assos qui m'ont donné leur accord pour organiser des tournois de jeux de société à définir (mais sûrement du "populaire" genre "Les aventuriers du rail", "Dobble", "7 Wonders", 'Time's up" etc.).
- Trois auteurs/ illustrateurs de jeux de sûrs pour l'instant.

Au niveau budget, le coût de l'évènement est supérieur à 10.000 € (en englobant tous les couchages, repas, lots etc.). Mais il y a aussi un moyen de réduire les coûts si les subventions sont trop faibles.

Pour en revenir à la remarque de Rodguen, c'est beaucoup de boulot "hors pizzeria". C'est surtout une question de contacts à droite à gauche et d'estimation. Bosser dans la restauration a l'avantage de pouvoir être disponible en journée. Et au niveau de la pizzeria, j'ai pas mal de choses qui se font un peu mécaniquement maintenant (comme la gestion des stocks au quotidien).

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 27 Déc 2013, 01:52

Donc, le pilier de ma dernière chronique, le couvreur au beau-père boulanger. Avant Noel, il vient. Un peu éméché. Là, il est vénère. Contre les cons. Les cons, c'est pas possible et c'est trop répandu. Alors, il a décidé de casser du con. Il porte avec lui un manche de "hachette". Un manche de hache jaune exactement. Le genre manche qu'on trouve dans les "Hard Discount" du bricolage. Au bout, il y a avait une hache mais il l'a cassé. Alors il ne lui reste que le manche mais c'est assez car il va casser du con. En plus, ce n'est pas n'importe quel manche. C'est un souvenir de famille. Un truc vachement important donc. Quelque part, je me dis qu'un manche cassé de hache est peut être une des derniers souvenirs de famille auquel je tiendrai. Ouais, mais là, il va casser du con. On l'a trop fait tourner en bourrique. C'est pas possible. Comme je fais ma pâte en même temps, je n'ai pas trop le temps de compatir. Il va casser du con. Il finit sa première bière. Oui, ça ne peut pas continuer. Dix minutes plus tard et une bière supplémentaire, il me demande de garder son "souvenir familial". Rien ne vaut les poings pour mettre sur la gueule des cons. Les poings, ça fait plus mal. Garde moi bien mon manche quand même car c'est un souvenir familial. Et le con qu'il va voir, s'apprête à en voir de toutes les couleurs. Surtout qu'il va l'attendre devant chez lui. Dehors. Dans le froid. Et il s'en va.

Ce soir, retour du piccolo. Côté service, je me suis fait démonté et ai même dû refuser des clients car n'ayant plus de pâte. Il s'accoude ua comptoir et prend deux bières. Je te les paie par carte. Trois essais plus tard et avec à chaque fois un paiement refusé, il fait ses poches et trouve l'appoint en monnaie. Je lui explique qu'il a peut-être trop retiré avec sa carte et que du coup, cela ne passe pas. Il me dit que non. D'ailleurs, il a retiré de l'argent cet après-midi. Pour s'acheter une chemise. Lacoste. Il me la sort tout fier. Elle est pour lui. Que pour lui. Pas pour sa femme. Il s'est même acheté une casquette et d'autres trucs. Naturellement, rien n'était en promo. Dans la conversation, je lui demande où il bosse. Chez un patron. Il me sort un nom. Et pour me prouver que c'est la vérité, il me montre une carte attestant qu'il travaille chez lui. Sur la carte, la photo d'un type jeune, genre possiblement lui mais avec 15 ans de moins. Je lui dis que la photo est vieille. Il me montre son permis de conduire. Il ne conduit plus mais il a son permis. Même nom. Même photo. Sauf que cette fois-ci, elle semble mal découpée et collée vite fait. Quand il me sort son permis, j'aperçois un papier ressemblant à une condamnation de tribunal mais je me tais là-dessus. Il me dit qu'il n'a pas de papiers. Ça ne sert à rien. Je lui signale que j'ai encore son manche. Il veut le récupérer. C'est un souvenir de famille très important. Pendant que je prépare ma pâte, il me ressort le couplet sur son beau-père, stakhanoviste de la boulangerie à l'entendre. Qui portait plusieurs centaines de kilos de pâte chaque jour. Un bosseur. Comme lui d'ailleurs qui transporte combien de kilos de tuiles chaque jour d' après vous ? Hein, combien ? Plusieurs tonnes. Facile. Je lui rappelle que les couvreurs ont une machine pour monter les tuiles sur le toit. Oui, mais les tuiles sur le toit, il faut les porter. Plusieurs tonnes. J'évite de trop lui parler. Il finit sa bière et repart avec son manche cassé. Il est resté top chrono, une demi-heure qui m'a semblé une éternité.

Kim

PS: Dans le cadre de mon festival, aujourd'hui, je me suis renseigné sur les tarifs de la "sécurité". La sécurité, ce ne sont pas les gros vigiles mais des gens pratiquant les premiers secours, se baladant durant le festival. En l’occurrence, c'était auprès de la Croix Rouge Française et pour la petite histoire, le tarif de l'intervention sur un week-end est de 600 €. Pour deux bonhommes. A nourrir en plus. Mais bon, il le faut pour les subventions. Prévoir cela est le minimum syndical pour se couvrir en cas de pépin de façon officielle. Comme c'est les 25 ans de la Croix Rouge, que mon "festival" a des chances d'avoir du monde (le jeu de société attire et carbure), le gars me propose un partenariat. Pourquoi pas ? En plus, s'ils communiquent sur le festival, pas de probléme. Par contre, à la suite de cette conversation, je comprends qu'il va falloir que je réagence le placement de certaines assos. Mieux vaut recevoir du public dans un lieu sans escalier. Des enfants qui chahutent, un drame est vite arrivé.
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

Re: 3615 Ma vie

Message non lupar Kim » 10 Jan 2014, 02:01

Donc mes cheveux blancs augmentent et comme je me prends la tête et m' arrache les cheveux, ma calvitie s'amplifie. La raison de tout cela ? Le festival naturellement. J'ai des rendez vous avec des organismes donnant les subventions. On rencontre des personnes, on présente le projet, on vous donne des conseils. Votre projet table sur 10.000 € d'aides ? Vous ne les aurez jamais, tablez sur 8.000 plutôt.

Car oui, les sommes montent trés rapidement sur ce genre de projet. Je vous donne quelques exemples: On commence par le lieu. Une paille par rapport au reste. Si sur votre manifestation il y a des bénévoles, il faut leur prévoir une somme pour la buvette en journée. Une somme pour les repas aussi. Le festival étant sur deux jours, cela en fait des repas. Comme j'essaie de mettre le plus d'assos et partenaires possibles sur l'évènement (plus on est gros, plus on peut toucher), les bénévoles sont nombreux (je table sur 80). C'est gros mais dans le détail, un tournoi en doublette de Warhammer, 4 bénévoles. Plus un pour tenir la buvette. Du jeu de rôle: on table sur 10 tables. 10 Maîtres de jeux et 2 orgas. Les jeux surdimensionnés ? 2 personnes. Le jeu de plateau, les auteurs invités, les gens de chaque asso à chaque stand ... Avec un gymnase à remplir, on monte vite à 80. Je passe aussi sur les bénévoles pour faire la vaisselle (je fais venir 4 cuisiniers pour les repas des tournoyeurs et des bénévoles). Bref, je fais et refais mon prévisionnel. Tout en gardant une marge. Au cas où ...

Le problème du prévisionnel, c'est que les dépenses sont grosses mais que les rentrées sont faibles. Comme c'est la première fois que le festival a lieu, il faut tabler sur un chiffre réaliste. Dans mon cas, pour les tournois (Warhammer, Bloodbowl, Jeu de Rôles) , je table sur 100 personnes. Pour le jeu "familial", 400 personnes sur deux jours. Concrètement, cela représente une personne toutes les trois minutes. Sur ce chiffre, on compte les adhérents des diverses assos, les 130 familles inscrites à la ludothéque locale, on fait des partenariats avec les centres sociaux locaux etc. En résumé tous les gens capables d'amener plus de personnes. Et on fait comprendre aux interlocuteurs que vous voyez que le chiffre peut rapidement être dépassé. Une famille ? Trois personnes en moyenne: Papa, Maman et le fiston. Le jeu ? Vous même, vous jouez à des jeux de société. Vos enfants aussi. Venez donc faire un tour. Au passage, vos collègues seront peut être aussi intéressés. Si vous voulez je peux vous passer des flyers quand on les aura tiré.

Ensuite, selon les dossiers, il y a des choses à mettre en avant. Tel organisme est susceptibles de donner des tunes mais il faut que l'évènement soit organisé par des jeunes ? Vite, coup de fils à des jeunes. On en case le plus possible, on brieffe les plus à l'aise à l'oral car il faudra sûrement défendre le dossier devant une commission. La passion du jeu, le désir de faire quelque chose entre les associations ... Les subventions tombent pour les familles ? C'est un projet pour les familles. En plus, voyez vous, le jeu est intergénérationnel. Il y aura des jeux pour les tous petits et les grands. Le papy pourra jouer avec ses petits enfants. Et dans les assos citées, une asso de jeux vidéos (avec les téloches et consoles) et une de scrabble (avec les porte-lettres et les lettres à 10 points qu'on a du mal à placer). Il y a aussi les choix tactiques. Le président de tel conseil machin, a été maire de telle ville. Bon, je cherche une asso de la ville (même si l'asso est moribonde) pour la mettre dans le dossier. En France, il n'y a pas de favoritisme, même si les assos des petites villes dont viennent des élus touchent souvent plus de subsides en proportion que les autres (un hasard à n'en pas douter).

Il faut convaincre. Même dans son asso. Ah non, on ne va pas faire payer l'entrée. A tel festival de jeu, il la font gratos. On va faire pareil. Et puis le prévisionnel est monstrueux, où va t-on là, on va se planter. Et il faut expliquer. Dire qu'on ne sait pas ce qu'il va y avoir, que l'entrée payante rassure les institutionnels (car on montre quelque part qu'on se bouge un peu le cul), qu'on peut faire pas mal de coupes dans le prévisionnel des fois que, que les festivals qui font l'entrée gratuite ont peut-être fait payé la première année car il n'avait aucun chiffre, qu'on peut la faire gratuite mais qu'on ne le saura réellement que quand les subsides seront tombés etc.

Convaincre est donc le maître mot. Un peu comme vendre des pizzas à un client en fin de compte.

Kim
Avatar de l’utilisateur
Kim
Torréfacteur
 
Message(s) : 3016
Inscription : 18-09-2004
Localisation : Périgueux
a noté: 32 fois
a été noté: 34 fois

PrécédentSuivant

Retour vers Poubelle



Qui est en ligne ?

Utilisateur(s) parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 1 invité