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Donc, le démarchage des sandwicheries. Pour la première, je prépare des produits, je me calcule le dosage avec un prix de vente potentiel incluant ma marge et celle du revendeur. J'arrive à ma première sandwicherie et là, paf, le produit n'est pas adapté. Trop cher en prix de vente pour le client (5€ mon projet). Il faut plus petit, quelque chose vendu 3 €. Donc de la pizza en plaque. Je réfléchis, une plaque = 12 parts de pizzas. Traditionnellement, la pizza en plaque est une pizza pâte épaisse (la téglia) mais on devrait pouvoir faire de la pâte fine avec une cuisson commencée sur plaque et finie sur la pierre réfractaire directement. Le problème que je me pose est: Est-ce que cela ira en terme de quantité ? Pour info, si je compte 60% de marge sur le produit pour le revendeur et ma pomme, la part de pizza doit me revenir à 0.48 € de fabrication. Le gros du coût vient de la mozzarella.

Ce soir, test de nouvelles pizzas: D'abord, une recette dont on m'a parlé qui se vendrait bien chez Domino Pizza: Une pizza avec une base Barbecue et de la viande hachée. Verdict: C'est pas mauvais mais surtout trés addictif. On mange une part, on a envie d'en manger une autre. Du coup, je me demande ce qu'ils mettent dans la sauce barbecue. Ensuite, une base créme citronnée, avec du poulet, des oignons et du cumin. Un mélange trés sympa et frais. Et pour finir un test "What the fuck" avec de la créme, du gorgonzola, de la cannelle et du magret fumé. Le résultat est comme la tarte au concombre: Ah ben, c'est pas bon.

Au niveau client, un copain. C'est un gars un peu roots et nature, le genre à aller dans des festivals shamaniques, à manger bio, dormir dans une grotte etc. Il m'avait parlé d'un truc super: Le rocket stove. C'est un four qui cuit plein de truc super vite et ce rien qu'avec des brindilles. Le principe, c'est un tuyau en coude qui du coup, fait une cheminée. On met le tuyau dans un isolant type terre ou cendre pour retenir la chaleur. On fait son feu de brindilles en bas. La chaleur monte dans la cheminée et ça cuit les trucs au dessus. Comme j'ai changé les tuyaux de mon poêle à bois chez moi, j'ai amené les tuyaux au copain. Il m'avait déjà montré un essai fait avec des boîtes de sauce tomate à pizza. Ça avait planté mais bon, c'était le bricolage des boîtes embriquées. Là, avec des tuyaux de poêle à bois, ce sera peut-être différent. Mon copain participe au test de pizzas. Un client arrive au niveau de la dégustation de celle avec de la sauce Barbecue. Il me dit qu'il doit y avoir du Monsanto dans la sauce. Je lui réponds que oui, comme dans le coca et sûrement les tomates venues de Chine qui doivent compléter ma sauce tomate "italienne" vendue à gros volumes. Tiens, Monsanto a commencé au Vietnam en fournissant l'agent orange au américain. On évoque ensemble les constructeurs d'armes devenus respectables: Krupps, BMW, Mercedes. Putain, le business de la guerre, ça rapporte. Il faudrait que je pense à une pizza déshydratée pour mettre dans les paquetages des militaires. Ca serait sans aucun doute dégueulasse mais bon, la ration militaire n'est jamais digne des trois étoiles. En partant, le client me demande si cette pizza déshydratée serait sponsorisée par Monsanto. "Naturellement" et on rigole.

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Aujourd'hui, j'ai mis en œuvre un projet (qui va encore m'occuper pour un bon moment). Il s'agit d'une envie qui me trottait dans la tête et comme à chaque fois que j'ai une idée, je la mets à exécution, c'est parti. Cette idée est une animation sur ma petite ville de Périgueux. Jusqu'ici, j'ai créé mon association et déjà exposé la chose à un conseiller municipal. Voici en deux mots le projet:

Périgueux est une petite ville où il n'y a pas grand chose l'été. La ville n'est pas active comme peuvent l'être Sarlat ou Brantôme dans le coin. Mon idée est donc de faire une manifestation artistique. Matériellement, cela se concrétiserait en demandant aux commerçants de la ville d'exposer dans leur vitrine, un tableau/ dessin d'un artiste. En contrepartie, l'artiste s'engagerait à venir peindre en ville sur un jour donné. Cette petite animation permettrait ainsi d'animer le centre ville.

Cet aprés midi, avec un ami, nous avons commencé à démarcher les commerçants de la grande rue piétonne commerciale de la ville. L'idée a été bien accueillie quasiment à chaque commerce. Un des arguments mis en avant, était que le commerçant n'avait rien à débourser. A chaque commerce, on apprend des choses. Ici, un vendeur de vêtements nous dit qu'une animation, c'est bien. Surtout que le festival Mimos (festival du mime durant une semaine) ne leur fait aucun retour. Les gens passent avec leur sac à dos et ne rentrent pas dans les magasins. Nous mettons en avant que la manifestation ne garantit aucunement plus de personnes chez lui. Nous faisons l'évènement, après, si des gens viennent, tant mieux. Une commerçante nous donne des adresses d'une dame qui s'occupe de promouvoir des artistes africains. D'ailleurs elle expose un de ses tableaux. Le patron d'une sandwicherie avec une petite vitrine, nous annonce qu'il peint. Pourquoi n'exposerait-il pas ses tableaux chez lui ? Chez une coiffeuse, on tombe sur trois autres commerçantes la tête dans les bigoudis et autres mèches colorées. C'est une bonne idée. Il y a des employés qui apprécient le concept mais il faudra revenir quand les patrons seront revenus de vacances. Des commerçants apprécient mais ne s'engagent pas car ils viennent de vendre leur commerce. A voir avec les nouveaux plus tard. Une commerçante intéressée nous dit que, elle, elle vend des tableaux et qu'il faut qu'elle gagne de l'argent sur la vente des tableaux (elle vend aussi et surtout des vases et autres babioles). L'idée ne lui plaît pas (car on ne garantit pas des ventes), mais elle prend un flyer pour en parler à sa mère. Dans une onglerie, une odeur de produits nous assaille les narines. Comment font les gens pour travailler avec une telle senteur ? En parlant, on comprend que peu de commerçants sont d'accord pour que les peintres viennent le Dimanche. Ouvrir le Dimanche, c'est trop dur pour eux. Le Dimanche, les gens vont ailleurs, à la plage par exemple, et puis, cela a un coût vis à vis des salariés qui sont payés plus etc... A la fin de l’après midi, nous avons fait un tiers de la rue. Du coup, demain, on s'y remet.

A la pizzeria, ce soir, je parle du projet à mes clients. Une dame avec ses petits enfants me dit que son mari avait mis en place ce genre d'exposition à Noisy le Sec. Cela avait bien marché. Les commerçants étaient satisfaits.

Une cliente me parle des dossiers de subventions qu'ils déposent avec son association. Il s'agit d'une demande de bourse pour une intervention dans un quartier "défavorisé". Je lui dis que je connais la galère des dossiers Cerfa (dossiers administratifs qui comme chaque chose ayant trait à l'administration sont une joie à remplir). On échange des aides. Elle connaît toutes celles que je lui propose.

En fin de soirée, un petit voisin vient et frappe à la vitre de ma boutique, en me disant bonjour de la main. Je sors parler avec cette personne importante ayant atteinte les trois ans. Il a un nounours. C'est gentil comme cadeau. Je me débrouille pour qu'il me le donne puis je lui montre mes deux mains fermées. Dans une se trouve le nounours qui naturellement dépasse allègrement. Dans quelle main se trouve sa peluche ? Celle-là. Tu es sûr ? Oui, oui, oui. Ce n'est pas l'autre ? Non, non, non. J'ouvre mes mains et au dernier moment, je fais passer le nounours dans l'autre main. Perdu. Et tu triches. Je lui rends son bien puis on se dit bonne nuit et je repars à mon ménage.

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Une petite news sur les deux dernières semaines.

Depuis mon dernier message, je n'arrête pas vis à vis du projet de manifestation culturelle. D'abord, ce fut une présentation rapide du projet durant le dernier petit déjeuner des commerçants. Une commerçante lança son désir d'exposer une œuvre de patchwork dans chaque vitrine durant la convention du patchwork qui allait amener 400 participants sur Périgueux. Du coup, mélangé durant la discussion, mon projet d'exposition d' œuvres d'arts dans les vitrines passa au même rang que le patchwork qui a lieu dans les semaines à venir alors que mon projet est pour cet été. A la fin de la réunion, une commerçante vient me voir pour étendre la manifestation à une autre rue (où elle a sa boutique). Une commerçante à qui nous avions présenté le projet à son employée, vient me voir en me disant qu'il faut que cela se fasse.

Au fil du temps, le projet s'affine. En plus de l'exposition, je me dis que ce serait sympa de faire venir des artistes dessiner/ peindre en ville. Au fil des rencontres, je m'aperçois que l'idée est sympa mais dure à mettre en pratique: Certains peintres ont du mal à sortir de leur atelier. En revanche,proposez leur de faire une exposition sur chevalets dehors sur un jour et c'est bingo. Petit à petit, je m' intéresse à la morphologie de Périgueux au niveau des lieux où proposer les activités. Ici sur telle place, je pourrais mettre une exposition temporaire. Là aussi, là aussi, là, sur ce petit décochement en face de cette place bondée de terrasses de café. Outre les places, ce qui est important, est de couvrir le plus d'espace, de guider le spectateur vers des lieux. Les places vont attirer avec les expositions. En revanche, certaines rues se retrouvent hors de ce chemin. En regardant de plus prés, je constate que cette rue est assez large à cet endroit pour y mettre une petite expo avec 4 ou 5 chevalets maximum. En plus, les commerçants souhaitent la rendre piétonne l'été. Là, un autre problème se pose: Cette rue piétonne débouche sur une rue où il est difficilement possible de mettre des chevalets. De plus, entre la fin de la rue et la place la plus proche, une grande partie de la rue côté commerces risque d'être squeezée. Mettre des peintres sur les intersections pourraient être intéressant mais les artistes s'y placeront-ils ?

J'arpente les cours amateurs de dessin et peinture. Je glisse dans une conversation que j'aimerai bien avoir un interlocuteur au niveau de la mairie, quelqu'un qui puisse répondre à certaines de mes interrogations. On me donne le nom d'une chargée de la culture que je vais voir aussitôt. Elle trouve le projet intéressant. En regardant son calendrier, nous convenons d'une date pour les "animations": Le jeudi. Sur ce jour, il n'y a rien sur Périgueux l'été, hormis le soir avec le concours de chansons ayant lieu dans les quartiers. Elle me conseille d'envoyer un courrier pour les besoins matériels et me donne le nom d'une galerie tenue par une association.

Dans certains cours, on m'apprend que le professeur un peintre renommé localement, va arrêter pour des raisons de santé plutôt graves. Petit à petit, me vient l'idée de l'inviter en invité d'honneur de cette première édition. Il ne pourra pas venir mais c'est une manière de le mettre à l'honneur pour tout son travail d'artiste et de formateur d'artistes locaux. Je rencontre la responsable de la Société des Beaux Arts locaux. Elle me donne des conseils. Je dois refaire mes flys pour lui donner. La mairie, cela marche qu'avec courriers envoyés sur courriers envoyés selon elle. Punaise, le courrier ! Mon téléphone sonne: Bonjour, on m'a dit que vous organisiez un évènement sur Périgueux, je suis peintre, pourriez-vous m'en parler. J'explique, re- explique, développe à chaque fois. Le soir en sortant de la pizzeria, j'arpente Périgueux avec un mètre en mesurant les places. Ici, il faudra que je demande une tonnelle de tant sur tant pour tel jour.

Cet aprés midi, je me perds pour aller voir une peintre. Pourquoi est-ce que les artistes habitent toujours dans des lieux perdus à l'écart ? Coup de chance, elle a appelé une grande partie des membres de l'association où elle peint. Ils trouvent l'idée bonne. Il n'y a rien pour exposer sur Périgueux. Au fait, quand y aura t-il une réunion avec tout le monde ? Dans ma tête, je suis comme Homer Simpson qui se tape la tête. Fin Mai. Il faudra du coup que j'aille enregistrer l'asso auprès de la Mairie et réserver une salle. Sur un post-it, je griffonne "Inviter les artistes et les commerçants". On me souligne que tout le monde n'a pas des chevalets pour l'exposition. Je me renseigne pour acheter des chevalets: Des petits pour l'intérieur des boutiques, des grands pour les expos en extérieur. J'estime le nombre de chevalets. Pour cela, je fais la liste des boutiques du centre ville et calcule le nombre de grands possibles selon la dispositions des endroits. Je me renseigne aux niveau prix sur le net, dans une boutique. Il va falloir convaincre la mairie d'investir une somme conséquente, chose loin d'être gagnée. Je cogite dans ma tête aux arguments à mettre en avant pour convaincre. Et si ils ne donnent rien, comment faire ? D'autant plus que les budgets ont déjà été votés. Ils ont toujours des fonds de secours mais ... Je songe au financement participatif. On y demande des récompenses par pallier. Qu'est-ce que je pourrais trouver comme récompense ? Et si je demandais au maire et à ses conseillers de poser en slip sur une photo donnée en cas de gros financement ? Arrête de rêver, Kim. Ce serait quand même rigolo ...

Je finis les premiers courriers. Je suis crevé. Je me suis embarqué dans une drôle d'histoire. J'ai le sentiment d'être en train d'escalader une énorme montagne et chaque rocher sur lequel je pose le pied, j'ai envie d'aller plus loin. Et ce même si à chaque fois, de nouvelles difficultés surgissent. Prochaine étape: Mettre des Cafésaliens dans la manifestation.

Kim

PS: Je vous passe les problèmes inhérents à la pizzeria comme mon bilan comptable, ma ceinture serrée sur les mois qui viennent, ma carte à refaire et cette putain de fuite à réparer dans les toilettes.
 

Kim

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Cette semaine, en plus de la pizzeria, j'ai bossé sur le projet d'évènementiel. Petit à petit, les choses se précisent. Lundi, je pose à la mairie un dossier présentant la manifestation avec une estimation des besoins, notamment l'achat de chevalets pour que les artistes puissent faire leur exposition temporaire. Toutefois, la somme finale est conséquente. Je crois l'adjointe à la culture et la responsable de la culture dans un couloir. En gros, la réponse rapide est "Démerdez vous pour trouver les sous en cherchant du côté des artistes et des commerçants". Cette réponse me met au fond. Aucun commerçant n'acceptera de payer. Si je mets en place une "quête", si un commerçant donne quelque chose et que son voisin refuse, tous les deux profiteront de la manifestation. Mais pas au même prix. Faire payer les artistes sur une première édition, c'est risquer de couler son évènement. Mon moral alterne entre colère et désespoir. Un client peintre passe à la pizzeria et me dit que trouver des chevalets n'est pas dérangeant. Je décide d'aller voir les commerçants. Un copain m'aide en mettant en forme ce que je vais leur proposer. Il vient me filer un coup de main sur place.

Du coup, pendant quatre jours, nous alternons les passages chez les commerçants. Dans la grande rue piétonne de Périgueux, nous passons voir une seconde fois les commerçants pour leur proposer d'exposer une oeuvre d'art dans leur vitrine. J'ai avec moi un petit chevalet pour donner un exemple de taille. Sur la cinquantaine de magasins, deux refus et une dizaine où il faut repasser. Autrement, que du bonheur avec une petite signature pour la forme. Je reviens dans un magasin de jeux vidéos d'occasion. Tous les magasins autour ont signés. Là, le gérant, s'occupant de plusieurs magasins, m'écoute d'une oreille distraite avant de me répondre que non, il ne peut pas car sa vitrine est petite et il est franchisé. Je lui réponds que je peux écrire à sa franchise et lui demande un email où écrire. Vous le trouverez sur le net, me lâche t-il. Ailleurs, un commerçant signe car en plus, il a vu les noms d'autres de ses copains sur la liste.

Je passe chez un encadreur. Ce dernier est un ancien président de l'association des commerçants. Il a organisé plusieurs manifestations. Face à mon problème de chevalets, il me donne la solution: Les artistes amènent les chevalets, l'organisation ne fournit rien. Pourquoi ? Parce que si un gamin renverse un chevalet et se fait mal, à qui appartient le chevalet ? A l'asso. Donc l'asso est responsable. Si le chevalet n'est pas fourni par l'asso et si cette dernière fait signer à l'artiste une décharge, l'asso ne risque rien. Pour lui, il faut se méfier des artistes et des commerçants. Si aucun document désengageant l'asso n'est signé, en cas de problème, cela va être pour ma pomme. Et ce qu'il peut y avoir à payer sera sur mes biens. Donc ... Message reçu et problème réglé du coup. Avant de partir, nous dissertons sur les joies du travail. On ne travaille pas que pour gagner sa vie mais par plaisir aussi. Il a passé l'âge de la retraite, pourtant, il continue de travailler car il aime son boulot. Son beau-frére avait manifesté contre le recul de la retraite, puis quand il l'a prise, il s'emmerdait tellement qu'il a finalement repris un mi-temps. Le travail, c'est aussi sa vie sociale, son intégration dans la société quelque part.

Ailleurs, un restaurateur qui a aidé à monter une galerie me répète qu'il faut des peintres qui peignent sur la manifestation. Je lui rétorque que je ne sais pas si j'en aurai. Il insiste et à la fin, on se quitte avec l'idée que lui, il en trouvera pour sa place.

Ce Dimanche, pour me changer les idées, je pars voir le décompte du premier tour des élections. Pour ceux qui n'ont jamais assisté à un décompte, c'est assez interessant. Les gens comptent et recomptent. Ici, les émargements, ici les bulletins. On reprend depuis le début quand les chiffres ne correspondent pas, le nombre de bulletin primant avant tout. Puis on dépouille. Une personne ouvre les enveloppes une à une. Une autre annonce la nature du bulletin. Deux personnes notent séparément le comptage sur deux feuilles différentes. Une double vérification synchro en quelque sorte. Parfois, arrive un probléme: un bulletin blanc. Il faut toutefois qu'il aie la taille requise autrement, il est compté comme nul. Pareil quand le bulletin est déchiré ou quand il y a deux bulletins différents. Quand l'électeur a glissé deux fois le même bulletin, on considère toutefois le vote comme valable. Tout est fait en accord en chaque personne. Autour des gens qui dépouillent, des curieux, politiques la plupart du temps. Dans un coin, les candidats du Front National - Je me fais la réflexion que la candidate est allée chez le coiffeur par rapport à sa photo sur les affiches -, le maire de Périgueux qui n'est pas anxieux car il ne se présente pas mais qui arpente toutefois les bureaux de votes, le candidat du Front de gauche avec sa belle écharpe. Une curiosité du dépouillement tient au fait que les votes arrivent par vague. 4 bulletins UMP succédent à 3 bulletins socialistes à 3 frontistes etc... On pourrait presque déterminer les familles rien qu'au dépouillement. A la fin, les chiffres du bureau sont écrits à la craie sur un tableau. Certains candidats font plus de 12,5% des votes mais ils ne seront pas au second tour car il faut 12,5% du total des inscrits, pas des votants. Faire 12,5% quand l'abstention est proche de 50%, revient à faire 25% au final.

Je rentre chez moi. La télé égraine des chiffres au niveau national. Je me demande combien de "volontaires" ont surveillés les scrutins en tout dans tous les bureaux de vote de France et de Navarre. Un beau chiffre, garant de la démocratie à n'en pas douter.

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Dans ce sujet, on parle de ce qu'on vit, ces petites choses qui concernent notre petit cercle quotidien mais il est une chose que l'on évoque rarement: les souvenirs. Je me dis qu'il peut être intéressant de les évoquer.

Quand j'étais petit, il y avait une chose dont j'étais fier: mon côté vietnamien. Mon grand père était un ancien architecte trés riche, devenu même à un moment ministre d'un gouvernement et qui du jour au lendemain, avait dû, comme bon nombre de ses compatriotes, fuir le Vietnam au lendemain de la victoire des communistes. Mon père venait d'obtenir son diplôme de médecine et avait rencontré ma mère. Quand mon grand père arriva en France, aprés quelques temps chez mes autres tantes, venues aussi au pays de Voltaire, il passa quelques temps chez mes autres grands parents, de braves paysans lotois. Là, il s'épanouit, aidant mon autre grand père aux travaux des champs entre autre, tant et si bien qu'à sa mort, il demanda à être enterré dans ce petit village perdu au milieu des Causses.

Il y eut une période où mon grand-père vécut aussi dans ma famille à Périgueux. A l'époque, je devais avoir dans les cinq ans alors que lui flirtait avec les quatre vingt ans ans. Il arborait une moustache blanche, me prenait sur ses genoux et me faisait sauter en disant "huc huc". Il avait une drôle d'odeur, assez caractéristique, venant peut-être de ce baume qu'il se mettait de temps en temps. Il me parlait en vietnamien et moi qui n'en ai jamais parlé un mot, je ne comprenais pas. Dans sa chambre, était accroché un chapeau chinois, un chapeau de paysan. Quand on pense chapeau chinois, l'image d'un chapeau conique apparaît aussitôt. Ce chapeau toutefois, n'était pas conique. C'était un chapeau plat en osier avec un renfoncement pour la tête. Il y avait des tensions entre mon grand-père et ma mère. Mon grand-père pensait encore comme au Vietnam. Pour lui, la journée commençait avec une soupe de riz au petit déjeuner. Ma mère n'était pas trop pour faire la soupe tous les jours et moi aussi, habitué au nesquick et autres tartines beurrés, avoir de la soupe ne m'enchantait pas. Cette période fut la seule où se trouvait dans la maison des sacs de 25 kilos de riz. Ensuite mon grand-père partit en maison de retraite, encore dans le Lot.

A ce moment, j'avais atteint les 8-9 ans et chaque fois que nous allions le visiter, avec mes soeurs, nous n'étions pas trés enthousiastes. On s'ennuyait avec le grand-père. Parfois, nous allions marcher un peu avec lui. A cette époque, mon grand-père sympathisa avec une dame en maison comme lui. On disait en souriant qu'il avait une "amoureuse" mais quand on a passé les quatre-vingt ans, les rapports homme-femme ne sont les mêmes qu'à vingt ans. Puis son état se dégrada et on dû le changer de maison de retraite. La suivante, était un mouroir. Quand on marchait dans les couloirs, on entendait des gens chanter. Certains déambulaient en chemise de nuit sale. Il faisait froid aussi. Mon grand-père était persuadé qu'il s'agissait là, du meilleur endroit, aussi, refusa t-il qu'on le place ailleurs. Il ne marchait plus et commençait à avoir des escarres. "C'est quoi Papa un escarre ?" ai-je un jour murmuré. On m'a expliqué que c'était la chair qui pourrissait quand on ne bougeait pas. Cette simple idée me hanta durant quelques nuits. Je m'agitais, remuant mes jambes sous les draps, craignant que si je ne m'arrête, ma chair à moi ne commence à pourrir. Puis mon grand-père mourut. Il ne représentait pas entièrement mon rapport à la culture vietnamienne, mais une partie très personnelle.

J'ai plusieurs souvenirs de mes autres grand-parents français allant de la tourte que tranchait chaque jour mon grand-père, du traditionnel jeu des mille francs passant chaque midi pendant le repas, au chabrot (du vin dans le fond de soupe chaude) ou aux crèches vivantes de Noël du village où une année, j'incarnais un ange, une autre Joseph, une autre un roi mage. Mais étrangement, ce papy "huc huc" reste à part. Il est possible que la cause soit le Vietnam, ce pays dont j'ai des bribes de culture mais qui reste un ailleurs pour moi.

Pourquoi est-ce que je parle de souvenirs aujourd'hui ? Tout simplement parce que je vais probablement les perdre, avoir un alzheimer un jour. En effet, dans les médicaments que je prends pour soigner ma bipolarité, il y en a un qui favorise cette maladie. C'est un endormisseur qui crée une certaine addiction. A un moment, j'avais des pertes de mémoire. Je m'endormais sur un livre. Quand je me réveillais, le livre était ouvert et marqué à l'endroit où je m'étais arrêté mais je ne me souvenais plus du tout du dernier chapitre que j'avais lu. Cela eut lieu aussi devant des films ou des séries. J'ai commencé à réduire ce médicament mais arrivé à un certain stade, il est difficile de réduire progressivement le traitement. Alors, je continue de le prendre à faible dose en sachant que peut-être, une partie de mes souvenirs disparaitront. En mettre ici par écrit, constitue un moyen d'en garder éventuellement une trace.

Kim
 

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Bon quelques news rapides.

Tout d'abord, je suis emmerdé. Entendons par là, j'ai des problèmes, pas "je suis dans la merde".

Au niveau de la pizzeria, c'est un petit trou d'air financier. Pour pouvoir boucler ma dernière grosse facture (à savoir la TVA que j'avais à payer et qui portait sur toute l'année précédente), j'ai dû emprunter 1.000 € à la famille. Entre-temps, j'ai pas mal bossé et comme j'ai payé en Mai, la dernière échéance d'un prêt (125€ par mois), logiquement, les affaires devraient aller mieux. Surtout une fois que j'aurai payé ma prochaine grosse échéance arrivant mi-Juin (mais moins grosse que celle de Mai).

Ensuite au niveau du projet d'exposition sur Périgueux. Là, j'ai trois problèmes. Le premier tient à l'exposition dans les vitrines des commerces de la grande rue piétonne de Périgueux. J'ai une trentaine d'artistes et entre 150 et 200 visuels. Il y a une cinquantaine de boutiques ok pour l'évènement. Chaque boutique doit avoir 4 œuvres (2 en Juillet, 2 en Août). Je risque d'être court en œuvres à présenter. Ayant arpenté les boutiques, j'ai déjà fait choisir les deux tiers des commerçants de la rue pour Juillet. Il me reste un tiers de la rue à faire. Et ensuite je vais prier pour avoir plus de visuels à exposer pour Août. Si des fois, des illustrateurs du CFSL ou des speed-painteurs veulent me filer des oeuvres pour une expo prévue dans la rue piétonne d'une ville de 30.000 habitants, cet été, je dis "merci".

Le second sur la manifestation, tient au programme des animations. Il faut que je boucle les 4 dates prévues. Je prévois des expositions/ animations sur les places de Périgueux durant 4 jeudis en été. L'idée est que les artistes exposent des œuvres de grand format, qu'ils ne pourraient exposer dans les vitrines des commerces. La première date est quasiment bouclée. Le reste est en revanche plus problématique surtout vers Août.

Le troisième est une connerie qui va me faire passer pour un couillon. J'ai réservé une salle pour une réunion où artistes, commerçants et officiels seront présents. Cette réunion, en fait, n'est pas trop pour les artistes et les commerçants mais surtout pour les officiels. Tout est prévu depuis début Avril. Sauf que, je me suis aperçu que j'étais un boulet. J'ai tout préparé pour le lundi 1er Juin. Le lundi, jour où nombre de commerces sont fermés. Une réunion, ce jour là, c'est la quasi certitude de n'avoir pas de commerçants présents. Or pour satisfaire des officiels, il faut des gens présents. Du coup, dés mardi, je vais annuler la réunion, chercher une nouvelle date, avertir tout le monde que le meeting est reporté et passer pour un couillon.

Pour terminer, une petite anecdote sur la pizzeria. Dans un commerce, on ne fait pas crédit. Théoriquement. Dans les faits, on le fait toujours. Faire crédit, c'est un risque mais aussi un plus pour certains clients. Le client qui à un moment est dans la mouise, à qui vous faîtes crédit et qui revient vous payer plus tard, vous est reconnaissant. Il faut toutefois encadrer ce crédit. Dans mon cas, les règles sont simples: D'abord, une personne qui me fait un crédit, doit me laisser un document officiel (la plupart du temps, la carte d'identité). Si je ne connais pas la personne, le crédit sera de 30€ max. Si je connais la personne, cela sera entre 30 et 40 max. Hormis pour un client "cassos" du quartier dont j'ai la carte d'identité depuis plus d'un an et demi, je n'ai jamais eu de problème. Jamais. Parfois, les remboursements traînent un peu (genre 3 à 4 mois) mais ils viennent toujours. L'autre jour, une cliente vient. J'avais déjà évoqué cette cliente dans une chronique précédente traitant des clients "psy". Elle venait alors avec son copain rencontré en psy et était shootée aux médocs. Depuis, elle a changé de copain pour un autre sûrement rencontré aussi en psy et est plus ouverte. Le hic, c'est que maintenant, elle ne doit pas carburer que aux médocs mais à d'autres substances plus illicites. Cette cliente me doit donc une ardoise de 37€ correspondant à deux pizzas, une bouteille de rosé et 5 bières, l'alcool étant pour son homme pour "accompagner la pizza". En fin de soirée, je la revois donc entrant avec son homme. Elle sourit et a du mal à tenir ses yeux ouverts. Son homme a les yeux injectés. Bref, ils sont shootés à n'en pas douter. Je lui demande si elle vient pour me régler son dû (j'ai au passage sa carte vitale) mais non, c'est pour que je lui avance des pizzas. Et là, je lui réponds que non et je lui rappelle "mes règles" d'emprunt. Oui, mais son copain travaille pour une asso et il va être payé le 1er Juin. Désolé mais même si il touche ses sous alors, qu'est-ce qui me dit que je le verrais le 1er Juin ? Rien. Je n'évoque pas le fait que l'argent a plus de chances de partir en injection dans les veines ou en lignes dans les narines alors. Le copain comprend avec une voix somnolente. Elle lâche un "On n'a rien à manger." Certaines personnes empruntes de valeurs comme la charité ou la pitié, seraient tenté de "faire une pizza" malgré tout, même la moins chère, mais là, ma réponse est un non ferme. Dîtes oui une fois à des junkies ou autres cassos, ayez pitié d'eux et le lendemain, ils seront devant votre porte à vous refaire le coup des grands yeux larmoyants. Non. Il y a des règles point final. Du coup, ils s'en vont. Un client venu entretemps, me dit qu'ils étaient légèrement ailleurs. Un joli euphémisme.

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Aujourd'hui, deux nouvelles à sec sans vaseline.

La première, rendez vous à la mairie. On m'explique que mes frais engagés sur l'évènement jusqu'ici (220€) ne seront pas remboursés. La raison tient aux budgets déjà attribués etc. L'évènement aura lieu et comme c'est la mairie et que c'est que 220€, je ne dis trop rien. Je trouverai un moyen de les récupérer plus tard.

La seconde news de la journée, c'est l'état des lieux de ma locataire. Fin Février, elle m'avait annoncé en recommandé qu'elle partait. Nous avions convenu d'un état des lieux aujourd'hui à 16 heures. A 16 heures, personne. Dans la boîte aux lettres de la pizzeria, une enveloppe avec les clés de la maison et une jolie lettre expliquant que la maison est un taudis, qu'une personne qu'elle connaît d'une asso sociale est venu constater cet état de fait, qu'elle refuse de faire l'état des lieux et une adresse où lui renvoyer sa caution. Au passage, je précise que la locataire ne s'est toujours pas acquitté du dernier mois de loyer. A l'intérieur de la maison, Tchernobyl. Je rentre chez moi aussitôt, photocopie tous les documents (état des lieux d'entrée, bail, fiche de paie etc.) et amène tout à l'huissier. Il va la convoquer pour un état des lieux sous dix jours. Coût du recommandé/ accusé de réception et de la présence de l'huissier au jour dit: 350 €. Ce n'est pas donné mais si la locataire veut s'amuser au tribunal, c'est nécessaire.

La maison est peut-être un taudis sans isolation selon ses propos, sauf que manque de bol, dans son état des lieux d'entrée, elle a signé sur le fait que tout avait été refait à neuf. J'ai même les factures des artisans passés juste avant qu'elle emménage justifiant pour plus de 8000 € de travaux d'isolation. Je n'ai reçu aucun courrier m'indiquant des problèmes au niveau de la maison. Un copain agent immobilier m'a dit qu'aller chez l'huissier avait été la première chose à faire. Je sens que les prochains jours vont être du pur bonheur.

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Hier, j'étais chez mon comptable. La raison ? Je veux vendre la pizzeria. Aprés 4 ans, j'ai envie de changement. J'en parlais avec un copain qui a aussi son affaire dans la restauration rapide et pour lui aussi, le constat est le même: C'est usant. Plus de soirées, devoir être sur place tout le temps, vivre sur des horaires décalés ... Aprés, il y a de super côtés comme le rapport avec les clients. Mais au final, c'est peu.

La réponse de mon comptable a été claire: Si je vends maintenant, je devrai donner 1/3 de la somme à l'Etat. le commerce étant une création, tout est considéré comme une plus value. Donc imposition de 33%. Si en revanche j'attends un an, après cinq ans d'activité, de date de commencement à date de commencement plus cinq ans, je n'ai rien à payer en plus value. Entre attendre un an et donner dans les 10.000 € à l'état, mon choix est vite fait. Donc, je vais attendre.

Je veux aussi vendre maintenant car c'est le bon moment selon moi. Il y a de plus en plus d'offres de pizzas sur Périgueux. A plus de trente points de pizzas pour une ville de 30.000 habitants, on en arrive à se marcher dessus. J'ai la chance d'avoir un chiffre d'affaire plutôt stable. Mais jusqu'à quand ? Chaque nouvel arrivant peut potentiellement faire baisser ce résultat. Ensuite, il y a du potentiel. La zone où se trouve mon commerce est un des rares endroits où il n'y a pas de point de livraison. Juste des pizzas à emporter à venir chercher sur place. A partir de là, l'ensemble est intéressant stratégiquement parlant. Une personne ayant une pizzeria en livraison de l'autre côté de la ville (côté trés développé) quadrillerait ainsi le secteur et d'accéder à des zones moins desservies. La seule pizzeria à emporter dans le coin, a des problèmes financiers à gérer et du matos délabré. Un employé de cette pizzeria la quitte en Juillet et va chercher sur Périgueux. Il avait fait une offre jadis autour des 100.000 € pour l'autre pizzeria mais le proprio l'avait refusé à l'époque. Maintenant que le proprio est pris à la gorge, il voulait que son employé reprenne mais ce dernier ne voulait plus. Ma pizzeria a l'avantage pour lui d'être sur la zone de son ancien boulot. Donc d'être en terrain connu. Comme il quitte juste son boulot, il va falloir qu'il fasse quelques stages/ formations obligatoires, demande son prêt bancaire etc. Je suis moins cher que l'autre au niveau du volume, le loyer est faible, il y a un endroit devant la pizzeria où trois voitures peuvent s'arrêter sans problème, mon matériel a été acheter neuf au départ (donc il n'aura au pire que 5 ans) etc. Il y a des travaux à faire mais peu et il est possible de commencer directement l'activité.

Donc à priori quelque chose d’intéressant. Je vois le gars demain.

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Hier, avait lieu la troisiéme expo sur les places organisée par mon association. La première, début Juillet, avait été un peu catastrophique: Les artistes avaient été dispatchés sur les multiples places de Périgueux. Du coup, ils n'étaient pas visibles, les gens passaient sans les voir. Pour la seconde édition, nous avions réunis tout le monde sur une seule place et là, cela s'était bien passé.

La troisième exposition présentait quelques problèmes. La première était une question d'espace. Tout le monde était regroupé sur la même place et pour ce jour, des grapheurs devaient venir grapher en live sur du film plastique enroulé autour de panneaux municipaux. Heureusement, on leur a trouvé un super coin dans une rue passante contre un mur à l'ombre. Ils avaient prévu de commencer à grapher vers les 18 heures (on s'était mal compris) mais en fin de compte, ont commencé à sortir les bombes vers 15 heures. Comme la mairie se méfiait un peu des grapheurs, un agent avait été dépêché sur place exceptionnellement. Au final, l'agent a passé une trés bonne journée, prenant des photos des graphs et de leur avancée mais aussi de l'endroit à la fin. Pas une tâche de peinture, pas de personne incommodée par les gaz des bombes, de la bonne pub pour le graph sur Périgueux.

Au niveau de la place, j'ai tremblé car à 14h00, il y avait des artistes mais il y avait "des trous" sur la place. Il me fallait un minimum d'artistes présents car un adjoint devait passer mais surtout la cadre supérieure en charge du culturel à la mairie. Pourquoi fallait-il qu'elle aie une bonne impression ? Parce qu'elle décide de beaucoup de choses. Les adjoints s'appuient sur elle. Les élus ont souvent d'autres activités à côté. Elle, elle connaît les dossiers à fond. Elle sait lesquels mettre en avant. Depuis le début, je travaille avec elle. Au début, elle a accepté de m'écouter, moi qui sortais de nulle part avec mon association de quatre membres. Elle a écouté notre projet, nous a laissé le lancer et nous a donné le minimum syndical: Pas d'argent, un peu de matériel. La mairie s'engageait ainsi peu sur l'évènement et observait. C'est toujours dans cette optique qu'aucun des frais n'a été pris en charge, hormis les bombes pour les grapheurs.

Hier, elle est venue. Hier, elle a vu la manifestation, les peintres et dessinateurs installés ici et là, les genres différents (allant du steampunk au paysage en passant par le "local"). Elle a parlé aux artistes. Je n'étais pas derrière car partant donner des bières à droite à gauche. A chaque fois, les artistes lui disaient que ce genre de manifestation était bien pour eux, pour voir du monde, se faire des contacts. Peu vendent mais c'est aussi normal. Etant testée, l'asso n'avait pas accés aux réseaux de communication officielle. Elle nous a évoqué un projet dont on parlait à un moment sur Périgueux: Un mini Montmartre. Beaucoup d'artistes présents y songent aussi. Pour l'an prochain, elle me pousse à continuer à étendre la manifestation. Côté travail, je vais être mort avec la pizz à côté mais je suis partant. Voilà, je sais que l'an prochain, je serai suivi au niveau de la manifestation par la mairie au niveau de la communication surtout.

En fin de journée, nous avons écourté la manifestation, la place étant réservée pour un concert. J'étais sur les rotules, crevé, vidé mais heureux. Les idées fleurissent dans ma tête sur les façons de faire grossir la manifestation.

Peut-être bosserai je dans l'animation aprés la pizza ?

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Depuis quelques temps, à la pizzeria, j'ai un copain. C'est un client sympa handicapé. Attention quand je dis handicapé, c'est qu'il est reconnu comme tel. Son handicap n'est pas physique mais mental. Il est "retardé" comme on pourrait dire. Il vient à vélo à la pizzeria. Il ne gare pas son vélo prés de la pizzeria mais de l'autre côté du boulevard. Il n'appuie pas son vélo contre un mur de maison mais le cale avec la pédale dans la rigole du trottoir. Du coup, il traverse à chaque fois la rue pour venir me voir. Il travaille en cuisine chez les gendarmes.

Tous les jours, il mange des chips. C'est bon et pas cher. Il varie toutefois son paquet de chips, histoire de changer. Un coup à l'ancienne, un coup goût barbecue ... Une fois par semaine, il me commande une pizza. La plus basique. Je lui demande si il va la manger avec des chips. Oui, naturellement. Une fois, il me dit qu'il a une copine dans une petite ville du département située relativement loin. Ils se voient une fois par an. Une bonne relation. Une autre fois, il me dit qu'il est célibataire. Il a rencontré une fois une dame qui s'occupait d'une agence de rencontre ou quelque chose dans le genre. La nana lui a dit qu'elle ne s'occupait pas des gens comme lui et qu'il fallait qu'il aille voir un psy. Après cette méchanceté, il a dû lui donner vingt euros pour des frais divers. Il voudrait trouver quelqu'un mais quand on est petit, noir, qu'on béguait et qu'on est un peu retardé, cela ne va pas forcément être facile.

Il a été champion de France de basket. C'était à Pau. Il était parti avec d'autres handicapés, participer à un tournoi de basket. Des championnats de France. Ils ont perdu trois matchs, en ont gagné un et ont été champions de France. Je me dis que ce genre de tournoi a une drôle de façon de compter les points, mais bon, tout le monde a dû être champions à la fin de la journée.

Il va à des réunions de famille. Il met ses beaux habits mais on le tance toujours à cause de la pochette de sa veste. Il ne comprend pas pourquoi car il utilise toujours un mouchoir. Je lui explique qu'il faut utiliser un mouchoir en tissu, pas un kleenex en papier. C'est comme une révélation pour lui, mais s'en souviendra t-il, c'est une autre question.

Pour ses trente ans, il va passer trois semaines à Rome chez son frère. Sa sœur l' amène. Pour lui, le seul monument de Rome, c'est la fontaine de Trévi où Anita Ekberg s'est baignée dans la Dolce Vita de Fellini. La fontaine des amoureux. Le reste, il ne connaît pas. Je lui apprends qu'à Rome, il y a le Colisée. Une grande arène romaine où Bruce Lee à affronté Chuck Norris dans la Fureur du dragon. Tu connais ce film de karaté ? Oui. Il y a le Vatican aussi. Ah oui, il va voir le pape. Le quinze Août. Je lui dis qu'il risque d'y avoir beaucoup de monde ce jour là avec tous les pèlerinages. Non, il verra le pape sans problème. Je lui parle de la chapelle Sixtine avec les plafonds de Michel-Ange et qu'il faut prendre des tickets à l'avance car il y a beaucoup de monde. Pour partir, il prend 120 € pour trois semaines. Je lui réponds que cela risque de faire un peu court pour ce séjour. Ce n'est pas grave, il a son chéquier. Je lui explique que les chèques français ne marchent pas en Italie. Il ne comprend pas pourquoi. Je lui explique que les banques italiennes n'acceptent pas les chèques français mais que les chèques italiens. Il ne comprend pas pourquoi, ce sont des chèques. Je suis reparti pour dix minutes d'explications et à la fin, il ne comprend toujours pas pourquoi. Je lui conseille de prendre alors des chèques de voyage du coup. Pourquoi ? Il a déjà des chèques.

Quand il part, je lui dis qu'il va peut-être revenir avec une belle italienne au bras. Peut-être. Je n'ose lui dire que quand on est petit, noir, qu'on bégaie, qu'on est retardé et qu'on ne parle que français, cela risque d' être pas facile. Mais sait-on jamais. Dans la ville du Vatican, les miracles existent peut-être.

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Aller, les chroniques de la pizzeria reviennent.

Hier, un survivant est venu me prendre une pizza. Ce survivant est un petit papy qui me demande si je me souviens de lui: il était venu me prendre une pizza il y a quatre ans. Je lui adresse un grand sourire comme si je me souvenais de lui mais en fait, pas du tout. Vu le nombre de têtes que j'ai vu en quatre ans et demi, le papy qui vient une fois, c'est assez difficile de s'en souvenir. Mais bon, le sourire commercial aidant, nous parlons. Il a eu du bol, énormément de bol. Le jour des attentats de Charlie Hebdo, il était à Paris et s'était garé dans la rue du journal. La fusillade avait eu lieu quand il n'était pas là, mais sa voiture y était. Et il me sort le ticket de parcmètre prouvant ses dires. Quelques jours après, il va voir sa mère qui habite à côté de l'hyperkasher. Il est dans sa voiture garé mais le GIGN qui est surplace pour neutralisé Coulibaly lui interdit de repartir. Du coup, il reste pendant trois heures dans sa voiture sans savoir ce qui se passe. Et garde le ticket de parking. La dernière fois ? Le jour des attentats de Paris. Ce jour là, il est monté à Paris comme à chaque fois, voir ses copains. Ils mangent en terrasse, à 200 mètres du Bataclan quand pif paf, il y a des coups de feu. Il voit une femme crier et courir sans chaussure. Le patron du restau, voyant qu'il se passe quelque chose, fout tous ses clients dehors. Il est reparti à sa voiture sans trop comprendre, ce qu'il se passait. Mais il a encore une fois gardé le ticket de parking. Il voudrait bien repartir à paris mais ses copains lui ont dit de moins venir car à chaque fois qu'il vient, il y a des trucs. Bon, cela ne va pas l'empêcher d'y revenir parce que, bon, il y a bien survécu. Avant de partir, je lui demande quand il compte repartir dans la capitale, histoire de ne pas être sur place quand il y sera.

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Quand on tient un commerce, chaque année, il y a un truc génial: La recherche de factures. En effet, chaque année, votre comptable fait votre bilan financier. Pour se faire, il faut lui donner plusieurs documents. Dont notamment toutes vos factures sur l'année. Le truc, c'est que dans la pile de 10 cm d'épaisseur que vous lui donnez, et bien, il manque toujours des factures. Et comme ce serait trop facile, il ne s'agit pas d'une facture chez un fournisseur mais plusieurs factures dispatchées. Dés lors, l'enfer commence. Au mieux, on vous demande votre numéro de téléphone, on vous identifie et on envoie la facture par mail dans la minute. Au pire, vous poireautez 10 minutes sur un numéro payant en 08, on vous envoie de services en services, le numéro client qui se trouve sur la vieille facture que vous avez en main, n'est plus bon car ils les ont changé depuis et on vous conseille d'aller chercher votre facture sur votre compte client où vous n'avez jamais mis les pieds et dont on vous a envoyé un mot de passe qui ne veut rien dire il y a des lustres. Bref, que du bonheur. Je vous passe aussi le conseiller qui au final, n'est pas compétent mais qui va passer votre demande à son collègue qui, lui est compétent et qui vous rappellera et dont vous attendez toujours l'appel.

A part cela, il y a les factures cools à trouver. Là, il s'agit des factures prés de chez vous où vous avez des gens en chair et en os en face de vous. Là, soudain, la facture apparait en cinq minutes.

Hormis cela, il y aussi les feuilles de caisse journalière. Quand on a une caisse électronique, c'est facile, on appuie sur un bouton et tout sort. Quand on a une petite boîte en fer comme moi, c'est à se tirer une balle. Chaque jour, il faut comptabiliser les entrées et sorties en liquide. On vous paie 33€ en monnaie dans la journée, vous le marquez. Vous sortez 10 € d'achats en monnaie ou vous retirez 20 € un jour, vous le marquez. Jusqu'ici, c'est facile. Sauf qu'il faut y inclure le fond de caisse. Et quand bous rendez la monnaie sur des ticket restau à 8,37 € par exemple (sachant qu'un des buts des ticket restau est de vous emmerder la vie avec des montants différents avec deux chiffres à la con aprés la virgule), ce n'est plus pareil. Et comme, je l'avoue, je ne fais pas mes feuilles de caisse tous les jours mais plutôt tous les quinze jours, il y a toujours des erreurs à la fin. Mais bon, la comptable est sympa et elle vous redonne toujours le bon chiffre de caisse quand elle commence votre bilan en Février. Et le bon chiffre est au premier Janvier. Ce qui veut dire qu'il faut se retaper tout le mois de Janvier. Encore du bonheur.

En toute honnêteté, quand je vois tout le bonheur que m'apporte ma comptabilité, j'envie les malheureux qui n'ont rien à compter. Et je plains les comptables aussi.

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Hier, un client marocain qui ne parle pas trés bien français. Son rythme est haché, son accent prononcé. Il est arrivé en France en 2006 et travaille dans une usine du coin s'occupant de canards. Son boulot consiste à couper la cuisse droite du canard. Ils sont deux à se relayer sur cette cuisse. Il y en a deux autres sur la cuisse gauche et plein d'autres employés sur d'autres parties du canard. Il font en moyenne 1000 canards à l'heure. 1000 canards, ce n'est pas beaucoup. Si le deuxième employé n'est pas là, il peut arriver à gérer tout seul. Par contre, quand on passe à 1200- 1300 canards à l'heure, c'est trop difficile tout seul. Il va avoir quatre mois de vacances, de chômage technique exactement. A cause de la grippe aviaire. Quelques cas détectés en Dordogne et l'obligation de nettoyer les lieux de production. Du coup, pas de canards pendant 4 mois. Il ne sait pas ce qu'il va faire. Retourner au bled voir la famille ? Oui, mais quatre mois, c'est long. Il y a tout à payer aussi en France. Ils ont demandé au patron si ils pouvaient travailler pendant le chômage technique. Il se dit que ce serait bien de cumuler deux salaires. Même si je n'y connais rien sur la question, je lui dis de ne pas trop rêver quand même. Il ne comprends pas qu'on lui sucre ses primes. Les primes, c'est 400 € en plus par an. Je lui explique qu'avec 4 mois sans travailler, si le patron lui paie ses primes, il risque d'être un peu juste en trésorerie et que du coup, il pourrait perdre son travail. Là, il comprend.

Ensuite, une supportrice de du Football Club de Trélissac. Je ne sais pas s'il s'agit d'une supportrice régulière ou éphémère. Trélissac, petit club local, s'était qualifié pour les 1/8 de finales de la Coupe de France aprés avoir éliminé Clermont- Ferrand (Ligue 2) et Lille (ligue 1). La veille, ils avaient affronté Marseille. Le match n'avait pu se jouer à Périgueux par manque de structures (gradins etc.). Du coup, il avait eu lieu à Bordeaux. Ils étaient 16000 dans les tribunes. 15000 pour Trélissac et un millier de marseillais. Il n'y avait qu'une poignée donc de supporters marseillais mais ils faisaient un boucan monstre. Trélissac a perdu 2 à 0 au final. Dans le dernier quart d'heure, on sentait qu'ils n'avaient plus de jus me dit-elle.

Puis le soir, en rentrant, beaucoup de voitures. Johnny Halliday était ce soir à Périgueux. Et comme il déplace les foules, quand les foules s'en vont, il y a beaucoup de voitures. Un client m'avait dit que Johnny arrêtait à dix heures pile puis qu'il devait partir à Paris dans un jet privé pour rejoindre les Victoires de la Musique. La cérémonie finissait à 1 heure mais il a la pêche le papy: deux heures de concert puis Périgueux Paris puis le lieu de la cérémonie en mode speed, waouh. Cela se trouve, il y a chanté en plus. Personnellement, je ne sais pas, je ne suis pas fan de ce genre de cérémonie.

Kim
 
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Ahahah ! Bonjour Kim,

Alors, je suis désolé j'ai pas eu le temps de lire tous tes posts.. Faut dire qu'ils sont assez massifs oO
Je vois juste que t'as eu à un moment donné, un probleme de sousou.

On a été emmerdé avec mon homme il y a 2/3 ans,on avait souscrit un crédit mais on a réussi à s'en sortir. Après, je vois déjà les médisants qui diront que c'est dangereux, ... Ils ont pas tort.

ça peut se faire, mais il faut bien y refléchir, et voir comment tu rembourseras ton truc.
Enfin, je t'apprends rien.
:)

Jeanne.
 

Kim

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Bon, un post et un retour d'entre les morts.

Concernant la pizzeria, je vais fendre le coeur de beaucoup de personnes: Je l'ai vendue. Aprés 5 ans, il était temps. Mes prêts venaient d'arriver à terme au niveau du commerce et aprés cinq ans d'activité, il n'y a plus d'imposition sur la plus-value. Et comme la pizzeria était une création au niveau du local, tout le montant de l'achat était considéré comme de la plus-value.

Aujourd'hui, je pars vers une nouvelle aventure:La pizza. Je fais des pizzas en tant que salarié pour la personne m'ayant acheté l'entreprise. Pour être honnête, c'est vraiment quelque chose de nouveau. L'acheteur m'a demandé de bosser sur certains aspects de la pizza sur lesquels je ne m'étais jamais penché. Cela peut paraître étonnant, la plupart des gens penseront qu' aprés tout, une pâte à pizza, c'est juste de l'eau, de la levure, de la farine, de l'huile et du sel. Pas exactement.

Il y a plusieurs types de pâte. Par exemple, il y a les grosses pizza épaisses qui aussitôt, évoquent les Etats Unis. Ces pizzas sont faites avec une pâte que l'on nomme Pan-pizza. Dans ce type de pâte, on remplace l'eau par du lait tiéde. Il faut vraiment que le lait ne soit pas trop chaud car autrement, il risque de cramer la levure. On y ajoute aussi du sucre (histoire de rendre accro). La pâte obtenue est une pâte trés dense même aprés plusieurs jours de pousse. La pâte est moins alvéolée. Cela vous fait sourire juste cette anecdote sur cette pâte sauf que j'ai fait des tests avec des variations de quantité mais aussi de produits (en utilisant du lait concentré (sucré et non sucré), du lait bio, du lait en poudre et même de la confiture de lait). Je vous passe les mélanges eau-lait et les pousses sur caquelon en fonte).

Explorant les pâtes épaisses, je suis aussi allé du côté de la Téglia. La Téglia est une pizza italienne en pâte épaisse cuite sur plaque. Il existe des farines plus spécialisée dans la Téglia. Contrairement à la pan-pizza, la Téglia est plus traditionnelle dans la façon de travailler. Une des différences majeures tient au taux absorption de la farine. Les quantité d'eau ne sont pas les mêmes. Les températures de cuisson varient aussi.

Quand on travaille pour quelqu'un, on doit prendre en compte tout un tas de désirs de la personne. Quand je bossais à mon compte, j'étais spécialisé dans la pâte fine que 90% de mes clients me demandaient. Là, mon patron souhaite faire en priorité de la pâte épaisse mais aussi faire de la pâte fine. En terme de grammage, cela veut dire qu'avant, je faisais des pâtons dans les 200 grammes. Pour faire une pizza pâte épaisse, je mettais deux pâtons tête à cul avant de les étaler. En gros, je faisais une pâte épaisse à partir de deux pâtes. Là, je travaille sur un grammage qui permet de faire des pâtes épaisses et des pâtes fines.

Une autre donnée tient à la livraison. Avant, je ne faisais pas de livraison. Celui qui a acheté mon commerce souhaite en faire. Il faut donc s'adapter vis à vis de certains produits. Il faut aussi trouver des produits différents qu'on peut mettre sur une pizza (un exemple: la pomme de terre avec la peau).

En toute honnêteté, en ce moment, j'ai l'impression de redécouvrir la pizza.

Kim

PS: J'ai aussi en projet une web-série sur la pizza. Pas n'importe quel type de pizza: La pizza de merde. Aujourd'hui, trop de pizzaïolos font de la qualité et du coup, on perd ce savoir faire ancestral qui est la pizza de merde, la pizza qui vous lamine les boyaux, celle qui du haut des toilettes, vous fait maudire le pizzaïolo sur cent générations, bref une pizza qui comme une pizza délicieuse, vous laissera un souvenir impérissable. Le but de ces vidéos est d'apporter un nouvel éclairage sur cet art qu' est la pizza de merde. Démocratiser la pizza de merde tant dans les recettes qu'en mettant en valeur les grands noms de la pizza de merde. Bref, que du bonheur.
 

Kim

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Hier, je suis allé voir un couple d'amis que j'avais connu quand je bossais au KFC. Ils s'étaient connus en bossant chez le fabriquant de poulet frit et s'étaient mariés. Elle était passée responsable de service (sous manager) avant de partir ailleurs quand l'ambiance au travail s'était dégradée. Lui était resté. 9 ans à faire du poulet frit avec le même geste. Il était l'employé le plus ancien du restaurant maintenant, tous les autres ayant à un moment lâché l'affaire. Ses motivations pour rester, étaient à chaque fois différentes. Même quand il se faisait pourrir par ses supérieurs. Il a tenu. Pour un smic + 50 € par an. Elle a travaillé dans d'autres structures puis faute de travail, est revenue dans la restauration rapide, chez Burger King. Le travail est trés répétitif. Plus encore qu'au KFC. Et mal encadré. An Burger King, il y a trois fois plus d'employés qu'au KFC. Ils se croisent sans trop se connaître du coup.

Ils habitent un appartement HLM. Il a plein de consoles et quatre bornes d'arcade dans ce petit espace. Le rétro gaming est sa passion. Même si les prix se sont envolés en quelques années. Le bobo trentenaire devient nostalgique. Les Kevin dont on se rigolait il y a neuf ans, ont maintenant dans les 20-25 ans. Et puis, il y a leur fils, la prunelle de leur yeux. Lui, il est autiste. A trois ans et demi, on lui a diagnostiqué sa maladie. Il marche. Il ne parle pas. Il se fait comprendre par des grognements, des gestes. Il n'est pas propre encore et porte donc des couches. Cela va encore car comme il est plutôt fluet,ils arrivent encore à trouver des couches, parmi celles pour bébés extra-larges. Leur enfant perçoit le monde différemment. Ce n'est pas une question physique car eu niveau de l'IRM, rien n'a était décelé. C'est plus une façon de faire fonctionner son cerveau. A Noël quand on lui offre un cadeau il est aussi content d'avoir le jouet et la boîte du jouet. Les boîte sont importantes pour lui. Pendant que nous parlons, ils s'amusent avec des boîtes de dvds de bob l'éponge. Il les classe dans un ordre. Son père m'indique qu'ils 'agit de l'ordre d'achat des dvds.

Ils envoient leur enfant dans un institut spécialisé. Il y a va en taxi. Lui embauche trés tôt le matin pour finir en milieu d'aprés midi. Elle travaille en milieu d'aprés midi et fini tard le soir. Au lieu de dormir, elle se lève tous les jours à 8h 30 pour préparer le petit avant que le taxi ne vienne le prendre. Tout est pris en charge. Ils vont à des réunions de parents d'autiste. Il est quasiment l'un des seuls pères, les autres étant partis souvent laissant leur femme seule. Ils parlent de tout là-bas. Sauf de la sexualité. La sexualité doit être un sujet tabou. Le seul moment où cela a été évoqué, était quand une mère a expliqué que se fille autiste venait d'avoir ses règles. Un traumatisme répétitif pour l'enfant. Ils m'apprennent que l'autisme touche en grande partie les garçons. Son loisir à elle est de faire des livres en tissu. Ce sont des livres trés simple avec des activités sur chaque page. L'enfant peut prendre une carotte en tissu, la mettre dans une brouette ou dans la terre. Pareil dans la cuisine où d'autres endroits.

Quand je m'en vais, ils sont aux petits oignons avec moi. Quand je roule sur l'autoroute à 3h00 du matin, il n'y a quasiment personne. Juste la route qui défile avec les pointillés blancs sur l'asphalte noire. Et derrière tout au fond, un couple d'amis qui se sacrifient pour leur enfant. Certains diraient qu'ils ont un boulot de merde mais ils le gardent car ne sachant pas trop quoi faire d'autre. A part penser à leur enfant.

Kim
 
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Je vais te faire un aveu Kim au cas ou tu aurais l'impression de parler seul dans le désert et dans le vent: J'aime bien lire tes tranches de vie. ;)
 

Kim

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Une des choses fabuleuses quand on arrête une activité, ce sont les factures. Vous vendez votre commerce mais les factures sont toujours là. Naturellement, le premier réflexe est de tout arrêter. On envoie des lettres demandant l'arrêt de vos abonnements, on renvoie l'appareil à carte bancaire, on dit adieu à tout ce qui est paiement. Le notaire s'occupe de tout. Il garde les sous que vous devez toucher durant 105 jours pour tout régler et vous vous avez peanuts pendant ce temps. Pour en revenir avec les factures, ce qu'il y a de merveilleux avec elles, c'est qu'elles continuent. Hier, par exemple, je reçois une facture téléphonique de ma pizzeria pour le mois d'Octobre. Ma pizzeria s'étant vendue en Septembre et ayant arrêté mon abonnement téléphonique ce même mois, je me dis qu'il doit y avoir un soucis. D'autant plus que la facture m'annonce l'arrivée de sa petite sœur en Novembre. Du coup, hotline. "Bonjour, j'ai reçu une facture et ...". Bref, je fais le topo comme on dit. "Ah oui, désolé. C'est vrai que votre ligne n'existe plus. Mais bon, je ne peux rien faire. Il faut que vous alliez au service résiliation (et pas facturation)". Dix minutes plus tard et trente fois la même musique d'attente passée en boucle, un opérateur me répond. C'est une erreur, ne vous inquiétez pas, cela arrive. L'argent va être débité puis quelques temps après recrédité, c'est une erreur qui arrive. Le après, c'est dans quelques jours. Dans quelques jours durant lesquels on aura pris mon argent, on l'aura fait travailler et on me le rendra comme si de rien n'était.

A part cela, aujourd'hui, je suis allé dans un supermarché, assister à une scène peu commune. Dans ce supermarché à taille humaine, il y a cinq caisses. Sur une de ces caisses, se trouve une caissière plutôt grosse qui aime parler avec les gens. Ce sont toujours quelques mots. Parfois des chats car cette brave dame s' occupe d'une association recueillant les chats abandonnés et donc les refourguent aussi aux clients sur son lieu de travail. Cette caissière a toujours du monde. Sa caisse a souvent la ligne la plus longue, peuplée d'habitués, vieux, jeunes et souvent amateurs de chats. Et puis parfois, elle n'est pas là. Parfois, elle part en pause pendant dix- quinze minutes. Et c'est là que se trouve l'extraordinaire. Alors que les autres caisses sont ouvertes, cinq/ six personnes font la queue devant la caisse vide, attendant juste le retour de LA caissière. C'est dans ces moments là que je me dis qu'au fond, certaines personnes ne recherchent pas à aller plus vite mais juste un contact humain. Ça fait chaud au cœur.

Kim
 

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Voilà, c'est officiel: La page de la pizza est terminée pour moi. Ce week-end d'un commun accord, nous avons décidé d'arrêter avec mon repreneur. Je ne suis plus là, il fait sa route. Faire de la pizza au kilomètre pour la livraison, ne plus vraiment avoir le temps de passer du temps avec les anciens clients, ce n'était plus le même rythme. Il va sûrement faire son trou sur Périgueux, mais la pizzeria ne sera plus le commerce de proximité qui prend le temps de . Désormais tout sera plus quantifié, le client venant sur place, devra attendre car des livraisons commandées avant sont prévues en offre combinée entre ses deux restaurants. Le repreneur a en effet, un restaurant livrant des burgers à domicile qu'il combine maintenant avec l'offre pizza (avec une spécialité sur la pâte épaisse, secteur quasiment vierge au niveau de l'offre sur Périgueux).

Aujourd'hui, du coup, avait lieu mon dernier concours. Deux jours avant, j'avais reçu un mail m'indiquant la tenue de "l'étape" car j'y étais présent l'année d'avant. En deux jours, on ne met pas au point une pizza. Par contre, on peut se faire plaisir. Pour ma part, cela n'a pas été un plaisir gustatif mais un plaisir créatif. Dans une pizza de concours, quand on joue le jeu, on met tout au plus une dizaine d'ingrédients. J'ai toujours aimé les trucs ultra chargés qui vous noient le goût. Du coup, j'ai mis 26 ingrédients et je me suis amusé en faisant une pizza "Hello Kitty". J'ai fourré mes bords avec de la mangue moelleuse. Seuls les fous fourrent les bords en concours. Je suis fou. Je me suis mis plus dans la peau d'un maquettiste que d'un pizzaïolo. Tiens, le bimi (croisement entre un chou fleur et un brocolis) ferait un chouette arbre. Dans ce magasin, il y a des nouilles jaunes, oranges, rouges et vertes. Il me les faut absolument pour ma pizza "Hello Kitty". Un Kumquat confit avec du sucre autour, pouf sur un cure-dent, cela fait un arbre encore. La recherche gustative, je m'en foutais un peu. Je me faisais plaisir.

Le premier mot d'un membre du jury, fut "Vous ne vous êtes pas lavé les mains". Y avait un truc pour se laver les mains ? Ah oui, le machin à savon sur la table perdu au milieu de mes quarante tupperwares posé à la hâte. On s'en fout de toute façon, c'est ma dernière pizza. Un des jurés me dit que j'aurai plus dû snacker certains ingrédients, les passer au wok. L'an dernier, ils m'avaient aussi parlé du wok. Ce doit être un des trucs à avoir pour bien se positionner un wok. Quoi qu'il en soit, je leur ai dit "Ne m'envoyez pas à Paris" et je n'ai pas été dans les sélectionnés.

Pour finir, j'ai offert à l'organisateur des tournois un fruit vietnamien, le durian. Si vous ne connaissez pas le durian, c'est une bombe olfactive.
 
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